‹ Lettres (volume 2)Chapitre 34 sur 195 · INTRODUCTION, XXXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION, XXXVII

L'arrière-garde commandée par Biron et Saint-Maurice avait repoussé un corps ennemi au passage de cette rivière; Les Iroupes avaient enfin campé à Lède, la droite sur la chaussée d'Alost à Gand, la gauche sur l'Escaut '.

De l'autre côté, l'armée du Prince Eugène était proche de celle de Mariborough. Elles faisaient leur jonction en peu de jours. Le lU juillet, de grand matin, l'armée française partit du camp de Lède et arriva à Gavere dans la matinée. Le duc de Bourgogne apprit que les ennemis marchaient vers Audenarde ; mais il crut qu'ils ne pourraient passer l'Escaut sur le champ. Il ne se pressa point d'avancer ; d'ailleurs Vendôme n'était pas arrivé^. La marche de Lèfle à Gavere s'était faite à son insu ! Il l'avoue lui-même dans une lettre à Louis XIV. Il reconnaît qu'il était au lit, et il donne pour excuse qu'il était resté trente heures à cheval^.

On sait que la lumière n'a jamais pu se faire complètement sur cette mallieureuse bataille. Ceux qui l'ont perdue se sont complu à entasser les contradictions et les obscurités pour [)allier leur part de responsabilités.

Il existe, peut-on dire, deux familles de relations : les unes, favorables au duc de Bourgogne, œuvres de Biron, de Puységur, de Matignon, ont inspiré les récits de Saint-Simon et de Proyart, les autres favorables à Vendôme paraphrasent les arguments que lui-même fit valoir dans ses lettres au Roi, et que vulgarisa, par l'intermédiaire des gazettes étrangères, la fameuse lettre d'Alberoni citée et discutée par Saint-Simon'*.

1. Cf. la relation de la bataille d' Audenarde d'après Saint- Hilaire, dans Saint-Simon, t. XYI, appendice V.

2. Lettre de M. d'Artagnan sur le combat d' Audenarde, H juillet. Documents inédits. YIII, 386.

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