INTRODUCTION. XXXIX
ne veut pas croire à la présence de l'armée ennemie et il laisse ses troupes passer lentement l'Escaut sans veiller à leur direction.
L'ennemi de son côté agissait vite. Les troupes, cavalerie en tête, passaient le fleuve à Audenarde et occupaient aussitôt des emplacements précis et prévus au-devant de la ville. Cadogan se jetait avec sa cavalerie sur Biron qu'on n'avait pas secouru. Il le culbutait et le forçait à se replier sur le gros de l'armée française. Il était trois heures du soir.
La journée s'avançait donc et aucune résolution ferme n'avait été prise du côté français. Il aurait fallu remettre l'attaque au lendemain, ou bien attendre Toflensive des ennemis, puisque les troupes françaises continuaient d'avancer en colonnes, venant de l'Escaut, sans avoir reçu d'ordre pour le combat. Mais l'indécision et l'imprévoyance des chefs avaient jeté partout la confusion *.
Le duc de Bourgogne semble bien avoir engagé un peu étourdiment et prématurément le combat 2. L'attaque fut brillante, mais elle ne pouvait réussir, parce que faite trop tôt et contre des lignes trop solidement postées. On fit appel, pour la soutenir, aux troupes les plus proches ; mais celles-ci, surprises en ordre de marche, s'élancèrent presque au hasard.
La droite et le centre s'agitaient en désordre ; la gauche demeurait sans ordres, immobile. Et cent quatre-vingts escadrons restaient derrière un ruisseau qu'on croyait infranchissable et qui ne l'était pas. L'artillerie avait été oubliée. Saint- Hilaire prenait sur lui d'expédier dix pièces avec quelques munitions. Le terrain était marécageux, coupé de haies et de fossés où les alHés avaient embusqué des fusiliers qui décimaient