INTRODUCTION. XLIII
19 août au duc de Bourgogne que le plus sûr était de se mettre en mouvement dès le 22 ou 23 ; de s'avancer diligemment sur Alost ou Ninove, de passer la Dender, de gagner Enghien, Soignies, Mons, puis Valencienncs, Douai, Saint-Amand et Orchies. La jonction des deux armées françaises s'opérerait ainsi sans que Berwiek, qui était à Morlagne, eût à bouger. Les deux armées réunies iraient sur la Marcq jusqu'à Seclin, et de là attaqueraient les lignes d'investissement ^ C'était agir sagement ; mais le duc de Bourgogne craignait par-dessus tout la perle de Gand et de Bruges. Il écrit au Roi, le 21, qu'il a le dessein de gagner Lille par Grammont et de faire remontera Berwiek la moitiédu chemin. Il parait croire, comme Vendôme, que les alliés ne s'attacheront pas sérieusement au siège de Lille. Tous deux s'entendent pour obliger Berwiek à venir à eux « nonobstant tout autre ordre du Roi^ ». En vérité, Saint-Simon a raison de dire que le jeune prince avait été abattu et brisé par les procédés audacieux du général qui commandait sous ses ordres ^.
Le duc de Bourgogne trouva en Berwiek un appui solide, ce qui produisit, assure le duc d'Albe, l'ambassadeur de Philippe V à Versailles, grande impression sur l'esprit du Roi ''. De nouvelles divisions, pires que les précédentes, reparurent entre les généraux. Finalement Louis XIV ordonna de livrer bataille pour débloquer Lille.
L'armée ennemie avait les flancs couverts par les marais de Seclin et de Tressin, le front défendu par des fossés larges et
1. Louis XIV au duc de Bourgogne, 19 août 1708. Doc. in. VIII, 69.