XLIV INTRODUCTION
profonds. Leduc de Bourgogne jugea, avec Berwick et les officiers généraux les plus expérimentés, que l'armée s'userait, et vainement, à attaquer l'ennemi dans ses retranchements. Vendôme seul soutint que l'attaque pouvait se faire, soit du côté des marais, soit du côté des retranchements. Et aux objections du duc de Bourgogne, il répondit qu'à la vérité, il en coûterait du monde, mais que l'armée était forte, et qu'après que les ennemis auraient tué assez de soldats pour combler les fossés, il en resterait encore assez pour aller à la victoire. Le Prince navait pas le tempérament de \'endôme. Une voulut pas décider par lui-même sur une matière si grave et il envoya un courrier au Roi. Le Roi maintint son ordre d'attaquer et il envoya Chamillart. « Le ministre vint le 9 septembre et aussitôt l'on tint conseil. Le ministre déclara que le Roi voulait absolument qu'au hasard de tout ce qui pourrait en arriver, nous attaquassions les ennemis '. » Mais Chamillart vit de près les retranchements des alliés. Vendôme lui-même tomba d'accord que l'affaire était devenue impraticable. On dépêcha un nouveau courrier à Louis XIV qui approuva la conduite de Berwick et de Bourgogne. « Il serait contre toute prudence, écrivait-il à son petit- fils, d'exposer à une ruine certaine une armée, la ressource unique de la France, pour garantir une place qui pouvait, sinon se sauver par ses propres forces, au moins se soutenir longtemps et vendre chèrement à l'ennemi l'avantage de sa reddition ^ ».
La vigoureuse défense de Boufflers permet de croire que la garnison de Lille était encore en bon état, et d'ailleurs ce maréchal en donna par lettre l'assurance positive au duc de Bourgogne. Le Prince pensa alors que « le plus sûr et le plus appa-