‹ Lettres (volume 2)Chapitre 43 sur 195 · XLVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLVI INTRODUCTION

à lever le siège. Cette proposition fut rejetée par Berwick qui considéra l'exécution comme impossible. Vendôme, consulté, déclara qu'elle ne valait rien. Mais Albergotti alla trouver Vendôme et le persuada de l'excellence de son plan. Vendôme écrivit aussitôt au duc de Bourgogne ; mais il ne donnait pas de raisons qui détruisissent celles qu'il avait alléguées précédemment et le Prince répondit qu'il ne convenait pas de changer de résolution.

Le lendemain arrivait de Versailles un courrier avec l'ordre de faire ce que proposerait Vendôme. De part et d'autre on se prépara à se mettre en marche et l'on avertit Vendôme que Bourgogne serait le 27 octobre à Deynze. Il n'était plus temps. Lille avait capitulé le 26 et Boufflers s'était retiré dans la citadelle'!

Pouvait-on, malgré cette perte, réparer les malheurs d'une si triste campagne? Le duc de Bourgogne et Berwick estimaient qu'il était impraticable de défendre à la fois les lignes du canal de Gand et celles de l'Escaut, mais qu'il était possible de couserver Gand et Bruges et de couvrir la frontière. Ils voulaient mettre derrière le c<inal assez de troupes pour le défendre et se porter avec le reste de l'armée dans l'Artois pour couper court à l'invasion. Il était temps d'y penser. L'ennemi avait déjà poussé jusqu'à Lens.

Le duc de Bourgogne envoya le major-général Contades à Bruges représenter à Vendôme le danger de la situation et lui soumettre son plan. Vendôme ne voulut ni écouter l'ambassadeur, ni lire le Mémoire qu'il apportait 2. Il s'obstinait. Il se borna à envoyer ses ordres en termes méprisants et il écrivit à la cour que le duc de Bourgogne, par excès de prudence, donnait à l'ennemi plus de prévoyance et plus de force qu'il n'en avait.

i. Mémoires de Berwick, 402.

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