‹ Lettres (volume 2)Chapitre 45 sur 195 · XLVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XLVIII INTRODUCTION

L'Electeur fut obligé de lever le siège de Bruxelles, et si précipitamment qu'il abandonna son canon, ses munitions de guerre et de bouche, ses blessés et ses malades. Le duc de Bourgogne et Vendôme durent reculer jusqu'à Douai.

Le Roi, outré de tant de mauvaises manœuvres, ordonna aux deux chefs de séparer incontinent leur armée et de revenir à Versailles. Vendôme, connaissant limportance de conserver Gand, demanda au Roi d'aller prendre derrière le canal la position qu'avaient indiquée Bourgogne el Berwick. Le Roi en avait assez ; il refusa. « On s'étonne, dirons-nous avec Berwick, que le Roi pendant la campagne eût donné dans toutes les propositions extraordinaires du duc de Vendôme et qu'il s'obstinât alors à rejeter l'unique raisonnable qu'il eût faite * ».

Les deux chefs étaient à peine partis que le comte de La Motte capitulait à Gand, bien qu'il pût s'y défendre encore. « Ainsi finit cette campagne, disent les Mémoires de Berwick, d'autant plus malheureuse qu'elle ne devait pas l'être ; il fallut pour la rendre telle que nous fissions sottises sur sottises, et malgré tout cela, si l'on n'avait pas fait la dernière, on aurait eu beau jeu l'année d'après ^. »

Nous n'avons dissimulé aucune des fautes du duc de Bourgogne. Nous avons noté dans les lettres qu'il écrit à son frère ses trop fréquentes illusions. Nous n'hésitons pas à reconnaître qu'il aurait dû déférer plus volontiers aux conseils de Vendôme, et surtout ne jamais désobéir à ses ordres positifs, puisqu'il n'avait ni l'expérience, ni les quahtés nécessaires pour commander lui-même. Nous admettons volontiers qu'il a aggravé son cas par des puérilités et par des paroles malheureuses, dont on a abusé, mais que Fénelon lui-même a tenues pour authen-

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