‹ Lettres (volume 2)Chapitre 46 sur 195 · INTRODUCTION. XLIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XLIX

tiques puisqu'il les lui a reprochées ^ Il est certain qu'il jouait au volant avec son frère Berry quand on lui annonça la prise de Lille et qu'il continua de jouer. Il nous est cependant impossible de considérer le duc de Bourgogne comme seul responsable des revers de 1708. La part de Vendôme est égale k la sienne. Soit présomption, soit négligence, soit dégoût, — à moins qu'on ne préfère soutenir avec Saint-Simon que ses fautes étaient volontaires et avaient pour but de perdre l'héritier de la couronne, — il a commis des erreurs impardonnables, car elles n'avaient pas l'inexpérience pour excuse.

Bien mieux, à partir du jour où il a été conseillé par Berwick, le duc de Bourgogne a eu presque constamment raison contre Vendôme. Les dernières opérations que ce général a exécutées malgré eux, en vertu de son autorité suprême, ont eu des conséquences désastreuses.

Enfin, dans ce bilan des responsabilités, il ne faut oublier ni le comte de La Mote, qui commit deux fautes lourdes à Winendal et à Gand, ni le gouvernement, Chamillart et le Roi même, qui ont associé deux personnages incapables de s'entendre, qui ont mal défaii les limites de leur autorité et qui ont exigé qu'on eu référât sans cesse à eux. Ils ont ainsi amené des divisions qui ont été la cause première de tout le mal, et des retards qui ont empêché l'exécution de tous les plans formés tant par Vendôme que par le duc de Bourgogne et Berwick.

La campagne de Flandre avait échoué. Le duc de Bourgogne parut porter tout le poids de la défaite. La cabale, contenue depuis longtemps, éclata. Ce fut un débordement d'attaques et

1. Fénelon. Œuvres complètes Ed. Gaume. Lettres du 20 septembre, du 15 et du 23 octobre, t. Vil.

II d

Page 1