INTRODUCTION. LI
pris injustement, dautres disent qu'il ne veut point de combat dans la crainte de perdre des âmes. Jo ne finirais pas*. »
■Niais si le duc de bourgogne garda le silence, il n'en sentit pas moins avec une extrême vivacité, quoiqu'on ait dit son historien Monty -, l'amertume des critiques et le poids de l'insuccès. Aussi garda-t-il une grande reconnaissance à ceux qui, comme Saint-Simon et Conti^, se déclarèrent pour lui.
Il brûlait du désir dellJacer ces souvenirs sur un champ de bataille. « Mgr le duc de Bourgogne est fort triste, écrit M""" de Mainlenon, il veut absolument retourner à l'armée, en quelque qualité que ce soit, aimant mieux servir à la tète de son régiment que d'en demeurer à la triste campagne qu il a faite ■*. »
Son esprit mûri par le malheur était prêt à s'appliquer aux graves questions qui s'agitaient à Madrid et à Versailles. Ici, sa voix allait se faire entendre dans les Conseils, et les lettres qu'il écrivit à Madrid pendant ces années de 1709 à 1711, demeurent comme des modèles de conversation sérieuse et de diplomatie pratique et avertie. Il s'agit en effet des négociations de la paix et de la politique à suivre à l'égard de l'Espagne.
Le duc de Bourgogne, à partir de 1709, peut-être sous l'influence de Fénelon et du groupe Beauvillier-Chevreuse, a voulu la paix et au prix des plus gros sacrifices. A-t-il voulu
1. M^e de Maintenon à la princesse des Ursins, 25 uov. 1708. Bossange. I, 355.