‹ Lettres (volume 2)Chapitre 49 sur 195 · Monty, Le Duc de Bourgogne, p · texte numérisé non relu

Monty, Le Duc de Bourgogne, p

3. Saint-Simon. XVI, 490, et lettre du duc de Bourgogne à Philippe V, 14 mars 1709. II, 7. « Vous aurez sans doute senti la perte de M. de Gonti en qui j'ai perdu en mon particulier un ami solide; il m'en avait toujours donné des marques, mais surtout depuis la dernière campagne, s'étant toujours hautement déclaré pour moi contre tous les discours qui ont été tenus ici et qui ont été une suite de nos mauvais succès.

4. M'ûs de Maintenon à la princesse des Ursins, 23 décembre 1708. Geffroy, II, 187.

Lil INTRODUCTION.

la paix à tout prix, au point de désirer une défaite qui avançât cette paix? On l'a dit. Il est impossible d'y croire. Qu'on lise la lettre débordante de joie qu'il écrivit à son frère après la victoire de Villaviciosa. Il est heureux, il se réjouit de voir le trône d'Espagne affermi et les alliés déprimés. Après ce brillant fait d'armes, ils rabattront de leurs exigences.

Le duc de Bourgogne a voulu la paix, mais non pas à d'autres conditions que Louis XIV lui-même * . Or. le Roi de France la considérait comme si nécessaire qu'au mois de juin 1709 il avait résolu de retirer d'Espagne toutes ses troupes, pour bien prouver aux alliés qu'il avait fait sincèrement l'abandon de ce royaume. Le duc de Bourgogne n'était que l'écho de la pensée du Roi quand il écrivait à son frère :

« Nous voici donc à la veille dune campagne qui peut nous donner tout à craindre. La mauvaise récolte de l'année dernière et la gelée de l'hiver qui a fait mourir les blés dans la plus grande partie du royaume rendent les subsistances d'une difficulté infinie, et l'argent qui est extrêmement rare fait appréhender que l'on ne puisse payer régulièrement les troupes et qu'elles ne désertent. Si, faute de vivres ou d'argent, l'armée de Flandre vient à se débander ou à être obligée de quitter les postes qui arrêteront l'ennemi, pour chercher à subsister, l'ennemi, dont les magasins sont faits, en profitera pour aller en avant contre nous, et s'il se joignait encore à cela le malheur de la perte d'une bataille, peut-être serions-nous bien heureux si, en ce cas, les ennemis nous en quittaient pour la paix des Pyrénées^. »

Torcy était parti à La Haye pour parler de paix. Les condi-

1. Voir lettres de M™e de Ma.mienon et Journal de Torcy, 1709. Cf. Baudrillart Philippe V et la Cour de France, t. I*"", livre II, chap. VI ; livre III, eliapitres i, m, v.

2. Lettre du duc de Bourgogne au roi d'Espagne, 25 mai 1709. II, 11.

Page 1