INTRODUCTION. LV
manqué à leurs alliances. On a tué 1.50U hommes, 2.500 pris. On croit Mercy, qui commandait les ennemis, mort, tous les drapeaux, beaucoup d étendards et quatre pièces de canon prises ' . »
Et c'est ensuite « la plus sanglante bataille qui se soit donnée depuis longtemps», Malplaquet, dont le Prince fait un récit à son frère, avec cette allure militaire qui plait chez un prince que certains se représentent uniquement comme un dévot, toujours prêt à rédiger de pieuses homélies.
« Les ennemis, forts de 162 bataillons, 300 escadrons et 120 pièces de canon ont attaqué le 1 1 de ce mois près de Bavay l'armée du Roi qui élait de 120 bataillons et de 260 escadrons. Après sept heures du combat le plus opiniâtre et où nous avons toujours repoussé les ennemis, leur supériorité nous a obligés de leur céder le champ de bataille, et l'on s'est retiré dans le meilleur ordre du monde au Quesnoy, où l'armée est campée, la droite à cette ville et la gauche à Valenciennes. Notre perte a été grande ; mais celle des ennemis est, de leur propre aveu , deux ou trois fois plus considérable que la nôtre. Ce nouveau malheur nous pourra coûter Mons ; mais il a racquisà la nation française son ancienne réputation qu'elle a poussée, s'il se peut, plus loin dans celte journée, que dans les victoires que nous avons remportées. Le maréchal de Villars a été blessé au milieu du combat, mais le maréchal de Boufflers qui l'était allé joindre comme simple volontaire, par son extrême courage et sa bonne conduite, a eu tout l'honneur de l'affaire et de la retraite 2. »
L'on devine avec quel intérêt et quelle émotion le Roi d'Espagne lisait ces lettres. C'était son trône qui se jouait dans ces
1. Lettre du duc de Bourgogne au roi d'Espagne, 31 août 1709. II, 28.
2. Le duc de Bourgogne au roi d'Espagne, 16 septembre 1709. IL 31.