‹ Lettres (volume 2)Chapitre 53 sur 195 · LVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LVI INTRODUCTION

sanglants combats. Mais la fortune ne répondait pas au courage, et tant de bravoure ne servait de rien sans la victoire. La campagne se termina, et il fallut encore parler de la paix. Pouvaiton penser qu'elle se ferait à des conditions moins draconiennes que l'année précédente?

« Voilà encore, écrit le duc de Bourgogne à Philippe V, un de ces cas où le devoir et le sang sont divisés et où Ion souffre infiniment, mais la paix est devenue indispensable et, plus on ira en avant, plus elle coûtera cher. Peut-être, mon cher frère, que ces discours, quoique véritables, devraient être un peu adoucis ; mais croyez, je vous prie, que si je parle ici en prince français à un frère qui ne peut qu'être touché du triste état de la France, je ne pense pas moins en frère du Roi d'Espagne, qui sent vivement toutes ses douleurs et toutes les traverses qu'il rencontre * . »

Le Prince crut un moment que la nouvelle ligue conclue contre la Suède par les États du Nord : Danemark, Brandebourg, Russie, servirait les intérêts de la France. Il fait part à son frère de cette lueur despérance^, mais les affaires de l'Europe septentrionale s'apaisèrent momentanément et la diversion attendue ne se produisit point.

Alors, Phihppe V se décida à demander à Louis XIV un général français pour commander l'armée d'Espagne; et le chef qu'il souhaitait, qu'il réclamait avec les dernières instances, c'était Vendôme, celui-là même qui, d'après le duc de Bourgogne, n'avait commis que des fautes en Flandre et qui avait tout fait pour le perdre d'honneur ! Philippe priait son frère d'appuyer sa démarche. Vraiment, c'était mettre à une rude épreuve la vertu du duc de Bourgogne !

1. Lettre du duc de Bourgogne au roi d'Espagne, 21 octobre •1709.11, 35.

2. Lettre du duc de Bourgogne au roi d'Espagne, 4 novembre 1709.11. 36.

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