‹ Lettres (volume 2)Chapitre 54 sur 195 · INTRODUCTION. LVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. LVII

La Reine d'Espagne écrivait de son côté à la duchesse de Bourg ne, sa sœur. Elle poussait la hardiesse jusqu'à rappeler les succès du duc de V'endùine, quand il avait commandé seul ; elle soutenait qu'il était vainqueur, quand on ne le contredisait pas ; lui seul était capable de relever la gloire des armées espagnoles : « Un prince aussi chrétien que Test M. le duc de Bourgogne ne doit-il pas s'engager après toutes ces raisons à nous aider à obtenir le duc de Vendôme du Roi, notre grand-père ? Nous sommes persuadés que ce sera par lui principalement que les instances feront le meilleur effet. Gagnez donc tous deux, ma chère sœur, sur vous-même, d'oulilier en cette rencontre le chagrin que vous avez contre lui. Votre tendresse pour nous doit être plus forte que tout le reste pour nous en donner des marques dans une occasion qui nous est si considérable ^ . »

Quelle confiance dans l'esprit d'humilité et d'abnégation du duc de Bourgogne ! Le Roi et la Reine avaient bien placé leur espoir : « Il me paraît, répondit le duc de Bourgogne, que je préférerai toujours le bien public aux intérêts particuliers, du moins je pense toujours comme je fais à présent. Et quant à tout ce qui peut s'appeler haine ou ressentiment, je les dois sacrifier et les sacrifie aussi comme chrétien. Peut-être trouverez-vous ceci plein de vanité, mais je parle simplement comme je le pense. Soyez donc persuadé, mon très cher frère, que si je puis quelque chose pour ce que vous demandez, je m'y emploierai de bien bon cœur ^. »

Et Vendôme fut envoyé en Espagne. Le due de Bourgogne salue ce départ avec un plaisir non dissimulé ; il regrette même

1. Arch. d'Alcala. I. 2574. Cf. Philippe V et la Cour de France, I, 405.

2. Lettre du duc de Bourgogne au roi d'Espagne, 9 février 1710. IL 43.

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