‹ Lettres (volume 2)Chapitre 55 sur 195 · LVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LVIII INTRODUCTION

que ce secours vienne si tard. Il n'ignorait pas la valeur du soldat, s'il connaissait les tares de l'homme. Le portrait quMl fit du général pour renseigner le Roi d'Espagne ressemble tout à fait à celui que l'histoire a gardé. Il vaut d'être cité :

« Le caractère de M. de Vendôme est donc présomptueux ; tout ce qu'il souhaite, il le croit, et ce qu'il craint il pense qu'il n'arrivera jamais. Il est opiniâtre, et quand il a une fois une chose dans la tète, on ne la lui peut ôter. Il est haut et prompt, souvent même envers ses meilleurs amis. D'ailleurs, il est paresseux, et je crois que les maladies qu'il a eues y contribuent. Sa confiance et sa paresse se joignent et s'accommodent ensemble ; son corps est pesant, et après une journée de fatigue, le sommeil l'accable indispensablement. Il n'est pas assez prévoyant, ce qui est une suite de sa confiance; il atout le courage imaginable, et peut-être trop, s'exposant un jour d'action plus qu'un simple soldat; les meilleures intentions du monde et un bon cœur. Yo'ûk. en peu de mots, mon très cher frère, un portrait fidèle de M. de Vendôme, dans lequel je n'ai cherché pour le bien de la chose qu'à vous le faire connaître tel qu'il est ; car. Dieu merci ! ma disposition n'est pas de dire du mal quand il n'est pas nécessaire ^ . »

Vendôme ne trompa pas les espérances du Roi d'Espagne. La victoire de Villaviciosa. en décembre 1710, commença de changer la face des événements. Le duc de Bourgogne pria son frère de faire savoir de sa part à Vendôme combien il était sensible « au grand service » qu'il venait de rendre à l'Espagne et à la France-. Mais, à la Cour et en France, tout le monde

1. Lettre du duc de Bourgogne au roi d'Espagne, 20 septembre 4710. II, 59.

2. Lettre du duc de Bourgogne au roi d'Espagne, 26 décembre 1710. 11.73.

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