INTRODUCTION. LXIII
quier européen. L'Archiduc qui convoite l'Espagne va-t-il se tourner encore vers un tiùne plus brillant ? Les puissances laisseronl-elles se relbrnier lempire de Cliai'les-Quint en soutenant l'Archiduc, élu demain peut-être empereur d'Allemagne, dans ses prétentions sur l'Espagne? Le duc de Bourgogne, tout ému à la pensée de ces coups soudains de la fortune, fait part à son fiere de ses nouveaux espoirs : « Que va devenir l'Allemagne? car il ne faut pas douter que plusieurs princes ne prétendent à l'Empire et, sans compter les Allemands, les ducs de Savoie et de Lorraine ne se mettront-ils pas sur les rangs ? Que fera l'Archiduc qui n'est point sûr de la Hongrie, ni peutêtre même de la Bohème V Je ne doute pas qu'il ne quitte Barcelone pour courir promptemeut en Allemagne et qu'il ne préfère l'espérance de l'Empire au hasard de perdre ce qui lui reste en Espagne. On ne peut rien juger de certain de ce qui va se passer, mais ce qui l'est presque, c'est qu'une partie des troupes des alliés seront rappelées en Allemagne, et qu'il ne se peut que nous ne nous trouvions très soulagés par les suites d'un événement d'une telle conséquence ' . »
Mais une victoire avancerait la paix plus qu'une déclaration de guerre du Grand Seigneur et la mort de lEmpereur. Aussi le Prince annonce que la guerre est recommencée en Flandre ; il laisse entendre à son frère que les armées sont prêtes à « reprendre une grande supériorité ». Entrevoyait-il déjà l'aube blanchissante de Denain ?
Cependant un autre coup et bien plus proche avait frappé le duc de Bourgogne et le roi dEspagne. Monseigneur était mort à 44 ans, après quelques jours de maladie.
Aucune sympathie ne pouvait exister entre le père et le fils.
1. Lettre du duc de Bourgogne au roi d'Espagne, 26 avril 171L U, 87.