LXIV INTRODUCTION
Comment un prince pieux, instruit, d'une haute tenue morale et la conscience même, aurait-il pu estimer un prince sans vertu, sans connaissances, sans discernement, sans souci de ses devoirs, et livré aux plus pernicieuses mains * ? Rien cependant qui ne soit du meilleur des fils dans la longue lettre qui relate les détails de la maladie de Monseigneur et les espérances qui demeurent encore : « La matièie dont je parle raoccupe si fort que vous ne trouverez pas étrange que je nen traite point d'autre... L'on fait en beaucoup de lieux des prières publiques qui obtiendront la santé de Monseigneur encore plus que les remèdes n'y contribueront^. »
Et le triste billet par lequel il mande à son frère le fatal événement marque une vraie douleur, douleur naturelle augmentée par les inquiétudes d'une âme chrétienne sur les éternelles destinées d'un père que la mort avait surpris : « Le sujet de cette lettre est si triste, mon très cher frère, que je n'ai pas la force de vous en parler. Je prends part à votre douleur qui n'est que trop commune avec la mienne. Reposons-nous sur l'immense miséricorde de Dieu^. » Et quelques jours plus tard, il écrit ces mots qui en disent assez sur retendue et la sincérité de sa douleur : « J'ai beaucoup pris de part à votre peine, et je suis bien sur que vous en aurez aussi pris à la mienne ; j'en ai été secoué et pénétré et m'en suis trouvé incommodé pendant quelques jours, c'est-à-dire sans appétit et languissant... C'est un coup de la main de Dieu qu'il faut adorer avec soumission ■*-.. »