LXVIII INTRODUCTION
sachant bien que la paix sera meilleure lorsque l'on sera mieux en état de continuer vigoureusement la guerre * » .
Les conférences se sont enfin ouvertes en janvier 1712, « mais l'ouvrage n'est pas fini pour cela. Ceux qui gouvernent la Hollande n'y entrent qu'à regret et l'on doit s'attendre à de graves difficultés et à de grandes contradictions ;.. mais il faut aller avec patience pour arriver au terme que l'on s'est proposé ; et j'espère qu'avec l'aide de Dieu on surmontera tous les obstacles et que l'on y arrivera 2. » Que le roi d'Espagne se confie au roi de France. Ses intérêts seront en bonnes mains : « Vous le verrez aisément, écrit le duc de Bourgogne par les remarques qu'il a faites sur le plein-pouvoir que vous venez de lui envoyer, puisqu'il trouve que vous en dites trop et que les ennemis en pourraient tirer des inductions désavantageuses pour vous. "Vous jugez bien par là que nous n'avons pas d'envie de jeter ce qui vous appartient à la tête des alliés pour ainsi dire, et que nous sommes en intention de nous en servir le plus utilement qu'il se pourra pour vous et pour nous ^. »
Le duc de Bourgogne dit « nous », qu'on le remarque. Louis XW l'avait en quelque sorte associé au gouvernement. Les ministres prennent ses ordres. Il est de tous les conseils et il y assiste régulièrement. Délaissant les occupations frivoles qu'on s'était plu à lui reprocher, il s'adonne au travail ; c'est alors que Fénelon lui adresse ce sévère « Examen de conscience sur les devoirs de la royauté » et qu'il lui soumet ces plans de réforme élaborés avec ChevreusC; « les tables de
1. Lettre du duc de Bourgogne au roi d'Espagne, 30 novembre 17H.n, 129.
2. Lettre du duc de Bourgogne au roi d'Espagne, 4 janvier 1712.il 136.
3. Lettre du duc de Bourgogne au roi d'Espagne, 11 janvier 1712. n, 138.