INTRODUCTION. LXIX
Chaulnes ». Il grandit dans leslime des hommes. Tous les yeux se fixent sur lui avec espoir et déjà non sans reconnaissance. Demain, ce jeune liomme devenu roi portera sur le trône les idées de justice, de paix, de charité que le peuple salue en lui. Les fautes de l'homme de guerre sont ouhliées. La Cabale n'existe plus. Les chefs sont dispersés. L'héritier du Roi est prêt ^ .
Saint-Simon a résumé celle disposition des âmes à ce moment angoissant de Ihisloire de France dans une page célèbre : « Il était devenu le dépositaire du cœur du Roi, de son autorité dans les afiaires et dans les grâces et de ses soins pour le détail du gouvernement. Ce fut alors qu'il redoubla plus que jamais d'application aux choses du gouvernement, et à s'instruire de tout ce qui pouvait l'eu rendre capable. II bannit tout amusement de sciences pour partager son cabinet entre la prière qu'il abrégea et l'instruction qu'il multiplia ; et le dehors entre ces assiduités auprès du Roi, ses soins pour M""^ de Maintenon, la bienséance et son goût pour son épouse ; et l'attention à tenir une cour et à s'y rendre accessible et aimable. Plus le Roi l'éleva, plus il affecta de se tenir soumis en ses mains, plus il lui montra de considération et de conliance, plus il sut répondre par le sentiment, la sagesse, les connaissance?, surtout par une modération éloignée de tout désir et de toute complaisance en soi-même, beaucoup moins delà plus légère présomption... Ses scrupules, ses malaises, ses petitesses de dévotion diminuèrent tous les jours, et tous les jours il croissait en quelque chose ^. »
1. Moïse Cagnac. Fénelon. Études critiques, ch. ni : Les écrits politiques de Fénelon ; Jules Lemaitre. Fénelon. p. 280-2P0 ; et surtout d'Haussonville, La duchesse de Bourgogne, tout le chapitre iv du tome IV, où l'auteur démêle avec une remarquai de perspicacité la part de Saint-Simon et celle de Fénelon dans les projets du duc de Bourgogne et dans ceux qu'on lui a prêtés.