‹ Lettres (volume 2)Chapitre 66 sur 195 · INTRODUCTION. I.XXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. I.XXI

intimes destinées à un frère très aimé. Personne ne soupçonnera Louis d'avoir fardé la vérité.

Celle vérilé, qu'osl-clle donc y

Elle nous montre d'abord un jeune homme qui aime tendrement sa famille, sa femme, son frère cadet. Quel changement ! lui dont Saint-^^imon a dépeint l'enfance et la première adolescence en des traits etfrayants : « Dur et colère jusqu'aux derniers emportements, incapable de souffrir la moindre résistance, et qui de la hauteur des cieux, ne regardait les hommes que comme des atomes avec qui il n'avait aucune ressemblance » ; maiiilenanl, il se montre plein d'attention pour son frère, fidèle au souvenir, heureux de le servir, s'altrislant de ses revers, joyeux de ses victoires. Il assure ce frère de « sa tendre amitié », d'une amitié qui lui est « si chère », et à laquelle il répond « si tendrement ». Il veut le persuader « de sa tendresse infinie ». C'était une àme unie à une àme, et il y avait là pour les deux frères un solide appui ainsi qu'une joie.

Certains historiens, le marquis de Saint-Philippe entre tous les autres, ont prétendu que le duc de Bourgogne, mécontent de ne pas régner, avait toujours nourri contre son jeune frère une jalousie plus ou moins cachée. (Je sentiment l'aurait conduit à conseiller au roi de France d'abandonner l'Espagne à elle-même et l'aurait même poussé à se faire battre tout exprès pour l'y contraindre. Jamais sentiment si odieux n'entra dans l'âme du petit-fils de Louis XIV. Les lettres que nous avons analysées et que l'on va lire en contiennent la preuve irréfutable.

Cette amitié fraternelle était éclairée. Comme la joie et le bonheur du Roi d'Espagne sont sa propre joie et son propre bonheur, le duc de Bourgogne ne craint pas de lui parler librement. Il lui demande de vaincre « la timidité qui lui est natu-

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