‹ Lettres (volume 2)Chapitre 67 sur 195 · LXXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXXII INTRODUCTION

relie ^ ». Il le presse de montrer sa fermeté, de savoir dire : « Je veux 2 », de parler aux Espagnols. Il ne craint pas. directeur de conscience improvisé, de faire appel à ses sentiments religieux et à sa dignité d'homme : « J'oubliais de vous dire : que devant Dieu et devant les hommes, vous êtes obligé en conscience de parler plus aux Espagnols que vous n'avez fait jusqu'ici ; car si vous voulez être véritablement puissant, vous ne le pouvez être qu'en vous faisant aimer ^. « « C'est un grand point que d'avoir les cœurs des hommes, car ils ne se perdent point par la force ; elle peut subjuguer, mais les retours sont presque certains '. « Et il s'excusait de ce langage hardi : « Si je vous parle si librement, c'est à l'amitié que j'ai pour vous qu'il vous en faut prendre °. »

Cette amitié était partagée et le Roi d'Espagne était capable d'entendre sans se fâcher d'aussi solides conseils. L'intimité des deux frères était à ce point connue que les Espagnols qui voulaient obtenir quelque marque de faveur de leur nouveau maître, avaient pris l'habitude de s'adresser d'abord au duc de Bourgogne. Elle était si parfaite malgré l'éloignement, qu'en 1702, Philippe V pleura longtemps parce que Louis XIV n'avait point permis au duc de Bourgogne de le venir voir. Nous l'avons dit, jamais il ne se consola de la mort de ce frère bien-aimé. Il fit saisir tous les exemplaires des Mémoires du

{. Lettre du duc de Bourgogne au roi d'Espagne, 8 janvier ITOû. I, 75.

2. Lettre du duc de Bourgogne au roi d'Espagne, 5 octobre 4704. I, 58.

3. Lettre du duc de Bourgogne au roi d'Espagne, 28 janvier 1703. 1.27.

4. Lettre du duc de Bourgogne au roi d'Espagne, 28 septembre 1710. IL 04.

5. Lettre du duc de Bourgogne au roi d'Espagne, 5 octobre 1704. I. 59.

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