‹ Lettres (volume 2)Chapitre 68 sur 195 · INTRODUCTION. LXXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. LXXIII

ntaiyuis dr iiainl-l'hilippc, parce qu'ils avaient jeté un doule sur leur réciproque aUection.

Cette tendresse de cœur, qui en fut l'objet plus que la duchesse de Bourgogne? Le Prince aimait passionnément sa lenimo. et ce fut jiour lui une source de souffrances. Il est inquiet, troublé quand il est loin de Versailles. Si la duchesse n'écrit pas aussi souvent qu'il était convenu, il se tourmente; il réclame des nouvelles à Beauvillier, aux dames de la cour qui vivent auprès de cettechère oublieuse. Il sollicite des lettres qui lui parleront d'elle. Si elle est malade, il ne vit plus : « Jugez de l'état où j'ai été pendant cette maladie et de ce que je serais devenu si je l'avais perdue ^ »

A ceux qui s'imaginent qu'une haute piété rend le cœur insensible, l'exemple du duc de Bourgogne répond : n'a-t-il pas réalisé la parole que lui adressait un jour son mystique précepteur : « Rien n'est si tendre, si ouvert, si doux, si aimable, si aimant, qu'un cœur que l'amour divin possède ^. »

Cette bonté d'âme qui s'épanchait d'abord sur sa famille, le duc de Bourgogne retendait au peuple souffrant. Ses lettres au Roi d'Espagne pendant l'hiver de 1709 sont empreintes de cette tristesse mélancolique qui décèle une âme meurtrie par les misères imméritées des pauvres gens. Proyart rapporte que, dans un conseil où le duc de Beauvillier exposait au naturel l'extrémité de la misère du peuple, le Prince éclata en sanglots. Non content de se soumettre aux taxes imposées pour le soulagement des pauvres, il consacrait à la charité 1 1 .000 livres sur les 12.000 qu'il recevaitpar moispourses menus plaisirs ^.

La souffrance du peuple ! C'est pour lui le grand argument en faveur de la paix ; mais, plus sage et plus juste que Féne-

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