LXXVI INTRODUCTION
poussées jusqu'à leur terme logique n'inclinent-elle pas au fatalisme et n"engendrent-elles pas la faiblesse ! Se soumettre ainsi au malheur, n'est-ce point trop facilement prendre son parti des revers? Sachant que Dieu ne fait rien en vain, le Prince accepte le châtiment, espérant dans la miséricorde : « J'espère de la bonté de Dieu qu'après nous avoir fait éprouver pendant longtemps les effets de sa justice, il nous fera aussi ressentir ceux de sa miséricorde ^ . «
Il sait que les vainqueurs d'aujourd'hui trouveront demain leur punition, s'ils déméritent : « Il faut espérer de la bonté de Dieu qu'après s'être servi d'eux pour nous châtier, il punira enfin leur injustice et que les succès ne seront pas tels qu'ils se le promettent... L'Angleterre et la Hollande sont les maîtres partout, c'est cet orgueil qui me fait espérer qu'enfin Dieu les humiliera 2. »
Surtout, qu'on le remarque bien, le malheur ne le décourage point. La soumission à la volonté de Dieu n'est pas chez lui une abdication. Si le malheur est une épreuve, on doit mériter d'en sortir en se montrant digne des faveurs du Ciel. Pour ce faire, il faut accomplir son devoir, même si la nuit est obscure, même si les revers continuent. Que si tout est perdu, au moins nous nous serons sauvés nous-mêmes, parce que la vertu est dans l'effort : « Je n'aurais cependant pas attendu à vous faire ressouvenir de moi avant mon départ de l'armée si tous nos derniers malheurs ne m'en avaient ûté le courage. Mais il n'y faut penser que pour se piquer d'honneur et vour tâcher de les réparer^. »
1. Le duc de Bourgogne au roi d'Espagne, 17 mai 1711. II, 91.
1. Lettre du duc de Bourgogne au roi d'Espagne. 27 avril 1710. n. 51.
3. Lettre du duc de Bourgogne à la reine d'Espagne, 7 janvier 1709. II. 3.