INTRODUCTION. LXXVII
S'il baisp la main qui le frappe, il remercie le Ciel qui donne le bienfait et avant tout, et sur tout, il met sa confiance en Dieu : « Nous en avons plus besoin que jamais à mesure que les moyens humains manquent ou diminuent '. » Avant d'agir, il se jette entre les bras de Dieu. Il écrit à la veille du siège de Turin : « Il faut encore un coup mettre notre confiance en Dieu », et quand le malheur frappe de nouveau, c'est encore en Dieu qu'il cherche son refuge : « Pour l'allaire des Flandres, on ne peut s'en consoler qu'au pied de la croix ^. » Son frère a vibré à l'unisson puisqu'il peut lui écrire : « Comme vous le dites, il faut recevoir tout de la main de Dieu et le prier qu'il vous affermisse sur le trône où il vous a placé, l'espérant de sa bonté'. »
C'est Dieu qui donne et qui enlève. Il est le maître. Les événements du monde sont pour le chrétien le langage du Ciel. Pourquoi regimber contre l'aiguillon qui nous frappe? Ne vaut-il pas mieux suivre les indications de la Providence ? Quand nous avons fait ce qu'il faut, soumettons-nous aux nécessités des forces inéluctables. « Il n'y a que la force et la volonté de Dieu rlsiblcnient marquée dans nos malheurs passés et la famine qui arrive qui aient obligé le Roi, après des répugnances extrêmes, à faire les démarches qu'il a faites pour la paix '. » Mais les nations, comme les individus, sont guérissables et le salut sera la récompense de l'épreuve acceptée ^.
1. Lottre du duc de Bourgogne au roi d'Espagne, 27 avril 1710. II, 52.
2. Lettre du duc de Bourgogne au roi d'Espagne, 30 mai 1706. I, 153.
3. Lettre du duc de Bourgogne au roi d'Espagne, 25 octobre 1705. L 124.