‹ Lettres (volume 2)Chapitre 75 sur 195 · LXXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LXXX INTRODUCTION

vient-il à perdre son fils? Le cœur du père saignC; car la nature parle ; mais la grâce remporte et il se réjouit de voir ce fils au paradis, évitant les écueils du trône, Il ne vit, lui, père, que dans l'attente de le rejoindre ! L'on s'étonne de sa sécheresse quand il annonce à son frère la mort des enfants de Beauvillier, son cher gouverneur; mais la mort pour lui, c'est Taurore de la vraie vie. Il dirait volontiers : « Je vous annonce la naissance au Ciel. >> Écoutons-le encore parler des enfants de son frère et des siens : « J'espère que Dieu qui nous les a donnés nous les continuera tous deux pour eu faire un jour deux instruments de sa gloire sur la terre et dans le Ciel *. » « Je souhaite que Dieu nous donne des enfants qui soient des saints quelque jour ^. » Sourie qui voudra ! C'est le duc de Bourgogne qui détient la doctrine consolatrice et vraie sur la vie et sur la mort.

Enfin de la religion, il goûte les joies, ces joies réservées à ceux que Dieu attire et enveloppe de sa lumière bienfaisante. C'est une âme que Dieu possède. Il lavait écrit un jour a Beauvillier : « Je sens visiblement que Dieu me fait tous les jours de nouvelles grâces et tâche d'en profiter le mieux qu'il m'est possible. Xe croyez point au moins que c'est à cause de vous que je mets toujours quelques mots de Dieu dans mes lettres ; mais c'est que je sens toujours un plaisir infini à en parler-'. »

Est-ce à dire que jamais le duc de Bourgogne ne se soit abandonné à une piété un peu sombre, un peu étroite et peu convenable à qui doit commander aux autres '? Il semble qu'à un moment de sa vie, le Prince ait mérité ce reproche. Pendant

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