‹ Lettres (volume 2)Chapitre 76 sur 195 · INTRODUCTION. LXXXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. LXXXI

la campagne de 1708. Fénelon ne lui érrivit-il pas de fortes et courageuses lettres, dans lesquelles il se faisait l'écho de ces bruits fâcheux et qui l'étonnaient fort ?

« On dit. Monseigneur, que vous êtes trop particulier, trop renfermé:., on dit qu'étant sérieux et renfermé vous perdez néanmoins du temps pour les choses les plus sérieuses par un peu de badinage qui n'est plus de saison. »

Il lui rappelle quon a critiqué en lui « une dévotion sombre, timide, scrupuleuse, et qui n'est pas proportionnée à sa placée »

Quelques jours plus tard. \o 15 octobre, mêmes avis : . On se plaint de ce que votre confesseur est trop souvent enfermé avec vous, qu'il se mêle de vous parler de la guerre. » Et le directeur de conscience fait entendre la voix de la raison avec celle de la religion : « Vous devez faire honneur à la piété et la rendre respectable dans votre personne. Il faut la justifier aux critiques et aux libertins. Il faut la pratiquer d'une manière simple, douce, noble, forte et convenable à votre rang 2. >,

Fénelon envoie encore une lettre, le 25 octobre, dans laquelle il énumère tous les bruits qu'il entendait : « Il est amusé inappliqué, irrésolu ; il mené une vie particulière et obscure : sa dévotion est faible, timide et scrupuleuse sur des bagatelles. « Ces bruits avaient quelque fondement, et Fénelon en a le « cœur déchiré ». Il ne reconnaît plus son petit prince. Qui donc l'a changé v Qui donc l'a poussé vers une piété trop monacale? Qui donc en favorisant ses scrupules a paralvsé en lui 1 esprit de décision ?

Mais c'est Fénelon lui-même, répètent à l'envi les critiques • et n'était-ce pas déjà l'opinion des contemporains ? Étonnés et d abord charmés du merveilleux résultat de l'éducation du duc

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