LXXXII INTRODUCTION
de Bourgogne, résultat qu'ils attribuaient avec raison à l'archevêque de Cambrai, ils le rendirent aussi responsable de ses défauts ; Fénelon avait brisé le ressort de sa volonté ; Fénelon lavait entrainé dans la voie d'une dévotion dangereuse. Récemment, Tabbé Ludovic Xavatel, dans un livre, selon nous plus original que juste, a repris cette tradition. A l'entendre, tous ceux que Fénelon a dirigés, soumis par lui au régime du « pur amour ». sont devenus des faibles et des scrupuleux ^ Labbé Moïse Cagnaca, tout au contraire, établi par une forte argumentation, que la discipline religieuse imposée au duc de Bourgogne par Fénelon, était destinée à former un esprit sincèrement religieux, éloigné d'une dévotion trop méticuleuse et de pratiques trop minutiouses 2. Mais qui ne sait que Fénelon abandonna son cher élève à 13 ans, le laissant sous linfluence exclusive de Beauvillier ? Or, les défauts que Fénelon reproche sans cesse au duc de Bourgogne, pendant la campagne de 1708, sont précisément ceux que les historiens signalent chez Beauvillier : timidité, attitude silencieuse et solitaire, naturel scrupuleux et timoré, manque d'initiative, piété sombre ^. Et si l'on veut savoir .l'intluence qu'avait prise le vieux gouverneur sur le prince, qu'on lise la correspondance de Louis de France avec le duc de Beauvillier qu'a mise au jour M. le marquis de Vogué ''. Le bon duc a remplacé Fénelon comme directeur de conscience. Le Princf . après son mariage, avait passé quelques
1 . Ludovic Navatel, Fénelon, la confrérie secrète du pur atnour. Paris, 1914. M. Navatel reconnaît d'ailleurs que Fénelon a réagi ensuite contre les défauts qu'il constatait chez son élève.
2. Moïse Cagnac, Fénelon, directeur de conscience, ?= éd. pp. 343- 3bl. Fénelon, Politique tirée de i Évangile, ch. v, de l'Éducation d'un roi.