‹ Lettres (volume 2)Chapitre 8 sur 195 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

tous les jours des douceurs nouvelles dans son service, et il me comble de beaucoup de grâces ^ »

Mais déjà des bruits de guerre remuaient de nouveau l'Europe. On a longtemps cru, et Saint Simon lui-même a contribué à cette erreur, que la reconnaissance de Jacques III comme roi d'Angleterre avait été la cause de la grande alliance formée par Guillaume III contre la France; mais le fils de Jacques II fut reconnu roi d'Angleterre le 17 septembre 1701 et dix jours auparavant les anciens confédérés de la ligue d'Augsbourg avaient signé à la Haye un traité pour se défendre contre la maison de Bourbon que le testament de Charles II rendait encore plus puissante.

L'acte de Louis XIV fut cependant une imprudence. Guillaume III toujours en lutte avec son Parlement avait reconnu Philippe V sans enthousiasme ; mais l'opinion anglaise, excitée par les bruits de descente des Jacobites en Angleterre se prononçait contre la France. Après la reconnaissance de Jacques III, le roi et le peuple communiaient dans la même haine contre Louis XIV ^. Guillaume, heureux de s'appuyer sur le sentiment national, pressa les événements et accentua la rupture en rappelant son ambassadeur. En réalité cette reconnaissance n'avait pas changé les dispositions de la cour d'Angleterre et le duc de Bourgogne annonçant à son frère la nouvelle qu'il tient pour bonne dit avec raison que le roi Guillaume « ne peut pas nous faire plus de mal qu'il tâche à nous en faire ^ ».

La guerre devenait inévitable. Le duc de Bourgogne envisage sans peur cette éventualité. Il s'en réjouit même. « Jugez de la

1 . Lettre du duc de Bourgogne au roi Philippe V, 5 septembre 1701, 1,3.

2. D'Haussonville. La duchesse de Bourgogne, III (pp. 33-38)'

3. Le duc de Bourgogne au roi d'Espagne Philippe V, 4 octobre 1701. I, 9.

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