‹ Lettres (volume 2)Chapitre 92 sur 195 · Le comte de Toulouse, avec la flotte française, était · texte numérisé non relu

Le comte de Toulouse, avec la flotte française, était

doit pas être loin de Toulon à présent. Si les ennemis ne sont guère ou pas plus forts que lui, je crois qu'il leur fera grand peur. J'ai impatience d'apprendre comment vous vous trouverez des Anglois qui sont dans Alemtejo ^ ; je crois qu'ils n'auront pas envie d'être battus et que le Portugal leur est moins cher que leur peau.

Adieu, mon très cher frère, je ne désespère point avant la fin de cette campagne d'avou' quelque lettre de vous datée de Lisbonne, auquel cas ce seroitune affaire bien glorieusement et bien promptement finie. Conservez-moi toujours votre amitié et soyez persuadé que, si je vous écris si rarement, la mienne pour vous n'est pas moins tendre ni moins sincère.

A Versailles, le 25 juin 1704.

Je vous écris ce petit mot, très cher frère, pour vous dire que M™'' la duchesse de Bourgogne est heureusement accouchée aujourd'hui à cinq heures

arrivé le 25 mai àCadi\; il y apprit que la flotte anglo-hollandaise avait passe le détroit de Gibraltar quelques jours auparavant et se trouvait dans la Méditerranée, et il revint sur Toulon dans l'espoir de la rencontrer.

1. Un petit corps anglais débarqué à Lisbonne avec l'Archiduc, avait gagné la province d' Alemtejo etmenai;ail la frontière espagnole, que défendait le marquis de Bay.

\r HOi u ksi'\(;nk i'IIiliimm-: v. .) /

(In soir d'un i^ros garçon'. La mvvc vl l'enlaiil si; portent j)arrailtni('nt. Vous jui^cz de la joie du père, «jui s'attend que nous en aurez !)eaueoup de votre côté et qui vous en souhaite autant dans un an. Le eourrier est prêt à partir, je ne vous en puis diic davantage, et je finis en nous priant d'aimei reniant eomme le père et d'être persuadé de ma tendre et sineère amitié.

Louis,

A LA REINE D'ESPAGNE

A Versailles, le 25 juin 1704.

Je j)rofite du départ du courrier du due de Gramont, Madame, pour vous donner part de l'heureuse naissance d'un fils que M'"" la duchesse de Bourgogne a mis au monde aujourd'hui à cinq heures après midi . Elle est maintenant en aussi bonne santé qu'elle peut être, et l'enfant aussi, étant gros et gras. J'espère que vous prendrez quelque part à ma joie, Madame, et ([ue vous regarderez cet enfant, outre qu'il est doublement votre neveu, comme venant d'un homme qui [al pour vous l'amitié la plus véritable et qui vous estime de toutes manières.

Louis.

1. Les annalistes delà cour, Dangeau (tome X, p. 51-52) et Sourches (tome VIII, p. 403-404) donnent des détails très circonstanciés sur la naissance du jeune prince, qui reçut le titre de duc de Bretagne : mais le Mercure du mois, p. 386-400, fut encore plus prolixe et fit connaître au public les moindres particularités de l'événement et des cérémonies qui suivirent.

58 LETTRES Dl DUC DE BOURGOGNE

A Fontainebleau, le 5 octobre 1704.

Je ne crois point vous avoir écrit, mon cher frère, depuis la naissance de mon fds. Il s'est passé bien des choses depuis ce temps-là, les unes bonnes, les autres très mauvaises, et je crois que votre bon cœur vous les aura fait sentir bien vivement.

Nous sommes actuellement dans l'attente de la réussite du projet de M. le comte de Toulouse sur la flotte de Smyrne \ ce qui seroit un coup bien important, et encore plus par le dérangement qu'il apporteroit au commerce des ennemis que par le profit que nous en retirerions. Mais, au milieu de tout cela, ce qui m'a fait un plaisir sensible, c'est que vous ayez enfin commencé à montrer au dehors le bon qui est au-dedans de vous, à dire ce je veux contre lequel les Espagnols ne répliqueront point, à vous réunir entièrement au Roi votre grand-père et à suivre ses sages conseils. J'avoue que, vous

1. Après la bataille de Velez-Malaga, le comte de Toulouse, après avoir séjourné sur les côtes d'Andalousie, s apprêtait à revenir à Toulon, lorsqu'il apiirit que la flotte marchande anglo-hollandaise qui venait d'Asie mineure se trouvait à la hauteur d'Alicante sous l'escorte de quinze vaisseaux de guerre ; on disait qu'elle était riche de plus de vingt millions. Il résolut de l'allaquer ; mais la nouvelle était lausse, et, après une croisière de plusieurs jours, il dut revenir à Toulon sans avoir rien vu [Dangeau, tome X, p. 13G, 141, 153-154).

\l HOl DKSl'ACI.NE l'IilLlI'l'K V. 59

avunl Ml dans une eoiiduilc dilFércnte de celle que je vous vois prendre avec joie, je m'élois quasi résolu au silenee sur des choses auxquelles je ne me (lallois pas pouvoir changer beaucoup par quelques iclli'cs ; mais quelle satisfaction pour moi, vous aimant autanl (|ue je vous aime, de vous voir rentier dans une voie qui vous fera autant d'honneur que la première pouvoit faire parler contre vous ! Pardonnez-moi, mon cher frère, si je vous parle si librement ; c'est à l'amitié que j'ai pour vous (ju'il vous en faut prendre.

Je souhaite de tout mon cœur aussi que vous sovez content du maréchal de Tessé',qui vous rendra cette lettre, et qu'il vous aide à redresser les affaires de la guerre, ainsi que vous commencez à redresser celle du dedans. J'espère qu'il sera propre à l'emploi dont il est chargé, surtout dans la résolution où il me paroît de ne se mêler que de ce qui le regardera.

Four revenir encore un peu à vos affaires, si, comme je l'espère fort aussi, on peut reprendre Gibraltar avant l'hiver et que cette conquête suive la capture que je souhaite de la flotte de Smyrne, ce

1. A la demande du roi d'Espagne, qui était mécontent d'avoir été obligé de renvoyer la princesse des Ursins et qui croyait que M. de Berwick y avait contribué, Louis XIV avait consenti à remplacer ce général par le maréchal de Tessé, dont la personnalité agréait à la cour espagnole ; on colora le rappel de Berwick du prétexte qu'il était expédient de mettre un maréchal de France pour pouvoir commander aux capitaines généraux espagnols qui ne voulaient pas obéir à un lieutenant général français.

seront deux assez beaux effets de notre eoml)at naval de cinquante vaisseaux contre soixante-et-lrois, qui, après avoii* abandonné la Méditerranée, retournent en Angleterre ^ Je voudrois que tous les autres côtés fussent aussi bien que celui-là ; c'est à quoi il faut espérer que Dieu pourvoira, et v travailler de toutes nos forces en implorant son secours sur le tout.

Adieu, mon très cher frère, n'oubliez pas l'amitié que vous avez toujours eue pour moi, et comptez que la mienne durera autant que ma vie. Mon fils continue à profiter et à se bien porter. Je crois que vous ne serez pas fâché d'avoir de ses nouvelles ; je vous en souhaite bientôt autant.

Louis.

A LA REINE D'ESPAGNE

A Fontainebleau, le 5 octobre 1704.

Je ne puis laisser pai'tir le maréchal de Tessé, Madame, sans le charger de vous renouveler les assurances de ma sincère amitié pour vous, et de cette lettre où je vous répéterai incessamment la même chose. J'attends avec impatience les heureuses suites de notre victoire navale, et, regardant la reprise de Gibraltar comme une chose quasi sûre, je souhaiterois bien, en attendant, que la flotte de

1. C'est une allusion au combal de Velez-Mala^a, donné lo 24 août précédent.

\\ Hol (IKSI'ACNK PTIIT.IPPE V. (t[

Smvinc |)ùl lonibcrciilrc nos mains. ,1 espère (jiic le loi cl NOUS, Miulamc, \ oiis accommoderez du mareelial (le Tessé et (jiie, remettant les atraires sur un l>on pied, non seulement il r(|)ousscra les (Mitrcprises lies Porlui^ais, mais encore mettra le roi en état de continuel- ses conquêtes sur eux. Vous connoissez assez ce maréelial. Madame, sans qu'il soit ])esoin, je crois, de nous beaucoup parler en sa faveur, et j'ose dire que nous lui avons tous obligation.

Sovez persuadée. Madame, que je n'oublierai jamais rien de ce qui pourra vous marquer ma véritable amitié, vous priant de me conserver toujours une bonne part dans l'honneur de la vôtre.

Louis.

A -Marly, le 6 uovemlire 1704.

J'ai promis à Maulévrier ^ que je le chai^gerois d'une lettre pour vous, lorsqu'il partiroit d'ici pour aller rejoindre le maréchal de Tessé. Vous me ferez plaisir de le bien traiter et de lui donner des marques (le votre estime dans les occasions où je ne doute

1. François-Edouard Colbert, marquis de Maulévrier, avait épousé en 1698 la seconde lille du maréchal de Tessé. S'étant épris d'une violente passion pour la duchesse de Bourgogne, il avait commis bien des inconséquences, qui auraient pu compromettre la princesse k l'égard de son mari, et Tessé avait obtenu du Roi, sous prétexte de santé, de l'emmener avec lui en Espagne. Saint-Simon a raconté tout cela dans ses Mémoires (éd. Boislisle, tome XII, p. 274-279).

pas qu'il ne la mérite. Je crois que vous savez qu'ayant été malade à la mort il y a deux ans, il alla l'hiver au siège de Kehl par un excès de bonne volonté, et aussi il lui en pensa coûter la vie. Il eut cependant le bonheur d'arriver précisément comme le régiment de Navarre attaquoit l'ouvrage à corne et d'y monter avec lui. Depuis, quoiqu'il lui fallût du repos pour le rétablissement de sa santé, il a toujours voulu marcher, dès qu'il y a eu quelque chose ou cju'il y en a eu la moindre apparence. Il va en Espagne pour ne pas demeurer oisif et agir autant que sa santé le lui pourra permettre. Je crois que cette petite narration, en vous faisant connoitre sa bonne volonté et l'intérêt que je prends à lui, m'étant particulièrement attaché aussi bien que Madame sa femme l'est à M™* la duchesse de Bourgogne, seront pour lui des recommandations suffisantes auprès de vous.

Adieu, mon très cher frère, conservez-moi toujours votre amitié et soyez persuadé que j'y réponds aussi

tendrement que je le dois.

Louis.

Montrez cette lettre à la reine et recommandez-lelui aussi de ma part, je vous en prie.

A LA REINE D'ESPAGNE

A Marly, le 11 novembre 1704.

Je ne puis mieux répondre. Madame, au compliment que m'a l'ait de votre part le comte de Gor-

\V nOI n'ESP.VGNK PIIIIJPPK V. 63

ma/J,(iLii v(3us riiidia vv[[v IflUc, (|uc(l(' lamanièic (jLie j'y ai répondu dans celle du roi eu vous souhaitant dans moins (Tuii an un piinee qui fasse la joie de rEspai;ne, (4 de la I lanec^ par eonséquenl. IJi même temps, j'ai eliar^é le eomle de Gormaz de vous assurei' de ma sincère amitié ; mais il ne pourra jamais vous la dire aussi vive qu'elle est et sera toujours.

Je vous supplie. Madame, de me conserver toujours quelque [)art dans la vôtre, étant persuadée que personne ne le mérite mieux que moi.

Louis.

A Versailles, le 30 novembre 1704.

Vous avez raison, mon très cher frère, de me faire sentir que je vous écris trop rarement, n'ayant d'autre excuse à donner que la paresse, qui n'en est pas une valable entre deux frères qui se sont toujours aussi tendrement aimés que nous. Je répare donc ma faute au plus tôt, et à l'avenir j'espère que vous n'aurez plus lieu d'être mécontent de moi.

Si les nouvelles de Gibraltar ne sont pas trop

1. Le comte de Gormaz est Mercure Lopez Pacheco, comte de San-Estevan-de-Gormaz,fils du marquis de Villena,duc d'Escalona ; Philippe V l'avait envojé en France en mission de courtoisie pour féliciter le Roi de la naissance de son arrièrepctit-fils.

64 LETTRES DU DUC DE DOUIîGOGNE

bonnes \ quoique nous n'ayons pas perdu l'espérance d'en venir à bout, celles de Landau sont les meilleures qu'elles peuvent être, à la levée du siège près-. Les ennemis, ne s'étant logés sur le chemin couvert qu'après plusieurs tentatiA es inutiles où ils avoient perdu beaucoup de monde, ont depuis attaqué par trois fois la demi -lune et ont été repoussés toutes les trois fois ; la dernière a été le 19 de ce mois. Il y en avoit déjà plus de deux que la tranchée étoit ouverte, et ils sont obligés d avouer euxmêmes qu'on n'a jamais vu une si belle défense et qu'elle leur devroit servir de modèle.

En Hongrie, la suspension d'armes est finie; les conférences ont été rompues, et on dit que les Mécontents ont recommencé la guerre avec plus de chaleur qu'auparavant. Cependant l'accommodement de l'électrice de Bavière est fait ; il ne lui reste que Munich avec sa garnison et quelques bailliages ^ ;

1. Le siège traîuail en longueur, et Ion prévoyait le moment où l'on serait obligé de renoncer à enlever cette place aux Anglais.

2. Landau, défendu par M. de Laubanie^ était assiégé depuis la fin de septembre par l'armée du prince de Bade, tandis que Marlborough et le prince Eugène commandaient une forte armée de couverture pour empêcher le maréchal de Marcin de secourir la place. Elle dut capituler le 23 novembre, après que le commandant eut perdu les deux yeux; le Roi le récompensa par une pension de trente-six mille livres.

3. Après la funeste bataille d'Hochsledt en 1704, l'électrice de Bavière, Charlotte-Cunégonde Sobieska, avait essayé de traiter avec l'Empereur pour conserver quelque partie de l'électorat. Elle fit en effet un accommodement qui lui laissait la paisible possession de la Bavière, à condition de livrer toutes les places du Danube; mais les gouverneurs s'y étant refusés,

\i ROI d'espagne pniLiiM'i; v. 65

les Iroupt's sont licciuiées, el l'on dil ([uc le piiiice lAii^ène inairhe vn llalif avec celles (ju y avoil l'Kmpereur. Le siège de Veiriic \a loiijours son liaiii \ el Ton n'en peni allendie, je eiois, qu'une bonne issue.

l'oui' i'e\enii' à dis liioses moins élevées, j'ai entendu parler d'une chasse où vous avez tué vousmême luie quantité de sangliers, loups et renards, ainsi qu on tue ici des lapins. Je crois que mon hère de Berry y ainoit eu une i)elle vivacité, s'il s'y étoit trouvé ; car il est plus ardent à la chasse et plus l)raconnier que jamais, et avec cela tire Fort bien. Je n'aurois, je crois, pas laissé que d'y être un peu chaud moi-même ; car il me semble que c'est le propre des battues. Nous en avons fait de lièvres les derniers hivers, qui, je crois, ne vous auroient pas déplu, non plus que la plaine de Saint- Denis au dernier mois d'août, qui étoit quatre fois plus remplie de gibier que je ne l'ai jamais vue ni vous non plus. Nous avons eu beaucoup de plaisir à Fontainebleau aussi, surtout aux sangliers, qui étoient en abondance dans cette forêt. Pour le petit parc de \'ersailles, depuis que Blouin ' en a soin, et surtout

le prince Eugène occupa tout le pays el en chassa l'électrice, qui dut se réfugier à Venise.

1. Verrue était assiégé par Vendôme depuis la iin d octobre, et ne se rendit que le 6 avril Mémoires du clievnliev de Ouincy, tome II, p. 55-87).

2. Louis Blouin, qui était un des quatre premiers valets de chambre du Roi depuis 1665, avait eu en 1701 l'intendance des châteaux de Versailles, Marly, etc. Saint-Simon a fait son portrait dans ses Mémoires [éd. Boislisle, t. VIII, p. 47-48).

depuis deux ans, on y marche sur les faisans. Vous croyez bien que je pense à vous dans tous ces lieux et du plaisir que vous auriez d'y être et moi de vous y voir.

Adieu, mon très cher frère, je n'ai plus que le temps qu'il me faut pour écrire à la reine qui m'a fait des reproches auxquels il faut que je réponde. Souvenez-vous toujours de moi qui vous aime plus que ma vie.

Louis.

A LA REINE D'ESPAGNE

A V^ersailles, le 30 novembre 1704.

Je ne sais que répondre. Madame, aux obligeants reproches que M'"" la duchesse de Bourgogne m'a faits de votre part. La crainte de vous importuner ne seroit peut-être pas une excuse pour vous, à voir comme vous pensez à mon égard ; il vaut donc mieux présentement garder un silence confus qui vous marque que je me reconnois coupable, et lâcher d'avoir à meilleur titre à l'avenir des mai'ques de votre souvenir ; car, quelque gracieux que soient vos reproches, ils sont toujours reproches, et, s'ils ne retournent point contre vous par la manière enoaeeante et toute charmante dont vous me les faites, ils retombent en revanche infiniment sur moi, en me faisant sentir l'injustice de mon oubli.

Je ne crois point qu'il faille dans cette lettre vous parler de guerre ou de chasse, ainsi que j'en paiie

AU Hoi n'i:sPA(;.NE Philippe v. 67

:iii roi, (jiioi(jii{' j'aie ouï dire que vous ayez assisté à quel(|ues-unes dont le sueeès a été lieuieux. dépendant à ec (|ue j';ii vu aujourd'hui sur la table d'une personne de votre eonnoissanee, ee ne sera pas apparemment la dernière ("ois que vous y retournerez ; je ei'ois ([ue vous aurez lieu d'être contente du présent que Madame votre sœur vous envoie, et que le déshabillé vous touchera peut-être autant que l'habit de chasse, .le souhaiterois bien que ({uelque grossesse vous mît en état de le mettre plus souvent en usage.

Je crois que ee n'est point à moi à vous chanter les louanges de Madame votre s(X'ur; je ^ous dirai cependant que, dès qu'elle sut ce que vous désiriez, elle ue se donna ni cesse ni relâche qu'elle n'eût mis elle-même ordre à tout, en sorte que, quoiqu'enrhumée et même a>ec un peu de fièvre, qui n'a pas duré, étant déjà couchée, elle fit entrer le marchand dans sa chambre pour choisir elle-même les étoffes, sans vouloir laisser ce soin-là à personne. Elle me saura peut-être mauvais gré de ce que je vous parle d'elle, et d'ailleurs, ma lettre étant déjà assez longue, il faut finir, en vous priant de me conserver toujours. Madame, quelque part dans l'honneur de votre amitié que je mérite plus que personne par mon attachement tendre et sincère pour vous.

Louis.

A Versailles, le 11 janvier 1705.

Pichelin ' étant sur le point de repartir, mon cher frère, je me sers de cette voie pour vous faire premièrement les souhaits accoutumés, que je fais certainement du meilleur de mon cœur au commencement de cette nouvelle année, et pour répondre à trois de vos lettres. Je vous remercie premièrement du hon accueil que vous avez fait à Maulévrier "~.

Pour ce (|ui i-egarde le retour de la princesse des Ursins'^, je ne crois pas que je puisse faire grand chose sur une telle affaire, et que le Roi suivra plutôt les pensées que lui suggéreront sa sagesse et son expérience que ce que je pourrois en dire. Cependant soyez toujours persuadé que mon plaisir sera toujoin\s de vous procurer le vôtre et qu'en toutes occasions ce sera un de mes premiers motifs après le bien du service du Roi et du vôtre, f^a princesse des Ursins arriva ici hier au soir et a salué le Roi

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