C'est la lettre précédente
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prennent tout à fait le dessus. L'ouverture du Parlement qui s'approche nous fera voir si ce changement pourra nous être bon à quelque chose ou non.
Avant que de finir ma lettre, je ne saurois oublier de vous parler de la fidélité des Castillans. Elle me paroît merveilleuse et digne de toutes louanges. J'ai toujours eu une grande estime pour cette nation ; mais elle est encore bien augmentée depuis trois mois. On est bien heureux d'avoir un tel peuple à ses ordres. Je sais qu'il vous est attaché par le cœur, et je prie Dieu incessamment qu'il vous donne tout ce qu'il faut pour les bien gouverner en roi véritablement chrétien.
Adieu, mon très cher frère, c'est en Inique nous devons à jamais espérer, lui que nous devons à jamais aimer et servir. Oserois-je vous demander de prier aussi Dieu pour moi, afin qu'il me donne ce qui m'est nécessaire pour remplir tous mes devoirs. Je n'aurois pas traité cette matière si je ne savois qu'elle est de votre goût, ne répondant pas trop au reste de ma lettre.
Je vous embrasse de tout mon cœur et vous prie de m'aimer toujours autant que le mérite ma tendresse pour vous.
Louis.
AU ROI PHILIPl^E V.
A Versailles, le 24 novembre 1710.
Vous trouverez sans doute, mon très cher frère, que la lettre que je vous écrivis il y a huit jours
étoil un peu prématurée ; mais la vôtre du 6 novembre, que je reçus deux jours après, éloit diffél'eiîte des nouvelles que nous asions reçues, qui nous disoient l'Archiduc en marche pour repasser le Tage à Aranjuez, après avoir abandonné Tolède K Quoique les choses ne soient pas si avancées que je le croyois alors, je trouve néanmoins vos affaires en beaucoup meilleur état que l'on n'auroit pu s'en flatter il y a deux mois, et j'espère que ce que je me suis figuré arrivera tôt ou tard. Il se peut bien que ma tendresse pour vous et le désir que j'ai de voir les ennemis éloignés de Castille me l'aient fait imaginer d'avance ; car vous pouvez être persuadé, mon très cher frère, que je prends un intérêt bien vif à tout ce qui vous regarde.
Je suis ravi que l'état de nos affaires propres fasse que vous puissiez être content de moi présentement, comme vous devez l'être en effet. La fin de la campagne a fait aussi finir toutes les nouvelles de ces côtés-ici, et la fin du temps que j'ai libre m'oblige de même à terminer ma lettre, en vous priant, mon très cher frère, de m'aimer toujours autant que le mérite la tendresse infinie que j'ai pour vous.
Louis.
1. Nouvelles insérées dans le Journal de Dan^eau, au 16 novembre, tome XIII, p. 283.
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