L'infant naquit le 2 juillet, mais mourut le
Le 3 juin.
Je n'ai pu me résoudre à finir cette lettre, mon très cher frère, que je ne susse positivement à quoi m'en tenir, et l'on n'en a rien su précisément qu'hier. M. de Torcy arriva avant-hier au soir^ les propositions des ennemis étant telles que je vais vous les dire-. Ils demandent que Ton reconnoisse l'Archiduc pour roi de toute la monarchie d'Espagne et que le Roi se rende garant que vous la céderez entre-ci et deux mois ; que l'on rende Strashourg et que Ton rase les places d'Alsace, Landau demeurant fortifié à l'Empereur; que l'on laisse à M. le duc de Savoie ce qu'il a pris sur la France, en lui rendant ce que l'on occupe de ses Etats ; que l'on donne à l'Archiduc nos plus considérahles places des Pays- Bas, pour être gardées par les Hollandois et servir de harrièrc contre la puissance de la France, et cela avant le terme de deux mois, qu'il y aura une suspension d'armes. On doit aussi commencer à raser Dunkerque et comhler le port pour la satisfaction des Anglois avant ce terme, et, si, lorsqu'il sera expiré, vous n'avez pas cédé l'Espagne, ou la guerre recommencera contre nous, toutes nos places étant presque entre leurs mains, ou bien, ainsi qu'il a été dit à M. de Torcy, le Roi joindra ses forces aux leurs pour vous chasser d'Espagne, chose qu'il n'acceptera jamais, quoi qu'il lui en puisse arriver. Ainsi