Ci-dessus, p
événement. Les Alliés dont l'unique but estdepénérer en France pour apparemment la conquérir, s'ils ne peuvent pas avoir l'Espagne, les Alliés, dis-je, s'ils sont inférieurs en Flandre par ces diminutions que l'on peut attendre, ne devront pas se flatter de venir encore cette année à bout de leur dessein. Peut-être même trouvera-t-on moyen de les éloigner dans le cours de la campagne ; il ne se peut qu'ils ne soient très las d'une guerre aussi longue et qui leur coûte des sommes immenses ; peut-être de là se détermineront-ils à la finir par une paix possible ; car tout ce qu'ils ont voulu jusqu'ici étoit manifestement impossible.
Voilà bien des raisonnements, mon très cher frère, que le désir me fait peut-être imaginer, quoiqu'ils ne paroissent pas hors du vraisemblable ; l'avenir fera juger s'ils sont bons ou non, en tout ou en partie ; ils sont écrits à la liàte et par conséquent pleins de redites, que je vous prie d'excuser ; mais cette lettre n'est pas faite pour être une pièce d'éloquence; ce que j'y dois chercher de plus est de vous bien persuader, mon très cher frère, de toute la tendresse que j'ai pour vous; elle est telle qu'elle a toujours été et toujours dû être. Conservez-moi donc toujours la vôtre et que l'union de nos cteurs devienne par la grâce de Dieu plus forte dans cette année que dans les dernières.
Si cette lettre vous arrive étant auprès de la reine, faites-lui bien mes compliments et permettez-moi de vous témoigner à l'un et l'autre la part que je
prends à la joie que vous aurez eue de vous revoir, principalement dans un état si différent de celui où vous étiez dans le temps de votre séparation.