‹ LettresChapitre 24 sur 74 · Voyez ci-dessus, p. 94, note · texte numérisé non relu

Voyez ci-dessus, p. 94, note

A Marly, le 13 juillet 1711.

Le Roi a reçu aujourd'hui nouvelle du maréchal de Villars, mon très cher frère, qu'hier matin le comte de Gassion ^ qui commande la droite de l'armée, et le comte de Coignj ^, colonel général des dragons et des hussards, ont surpris hier matin à la pointe du jour un camp de douze bataillons et dix escadrons qui étoit sous Douay. Les ennemis ont été attaqués dans leurs tentes ; on lésa culbutésdans la palissade ; l'on en a tué et pris beaucoup, aussi bien que des chevaux, et l'on s'est retiré après avoir été une heure dans leur camp malgré le feu que faisoit l'infanterie, dont une partie s'étoit jetée dans les chemins couverts de la place ^.

Cette action ne nous a coûté qu'un colonel de dragons nommé Coëtmen^ et très peu de monde ; j'es-

1. Jean, chevalier puis comte de Gassion, petit-neveu du maréchal de ce nom, avait servi dans les gardes du corps jusqu'en 1705, et avait eu en 1696 le grade de lieutenant général ; il mourut en 1713.

2. François de Franquetot, marquis de Coigny, était maréchal de camp et colonel général des dragons depuis 1704 ; il devint maréchal de France en 1734 et mourut en 1759.

3. Les Mémoires de Sourches, tome XIIÏ, p. 152-154, donnent un récit détaillé de cette action du 11 juillet.

4. Ce marquis de Coëtmen, d'une bonne famille de Bretagne, avait ce régiment depuis 1708.

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père qu'elle fera sentir aux ennemis que nous avons encore du sang au bout des ongles et qu'ils ne sont pas où ils croyoient être l'année dernière, et je crois qu'il y a déjà du temps qu'ils le pensent.

M. de Savoie s'est mis cette année à la léte de son armée et a passé le Mont-Cenis le 5 de ce mois ^ . Je ne sais s'il ne voudroit point agir effectivement pour avoir une réponse favorable à la demande qu'il a faite de la fille aînée du défunt Empereur pour le prince de Piémont-.

J'ai bien de l'impatience que votre armée soit en état d'entrer en campagne et d'apprendre qu'elle resserre Stahrenberg du côté de la mer. Si vos préparatifs l'avoient pu permettre, je ne doute pas que le duc de Vendôme ne l'eût fait il y a déjà longtemps, et il y auroit eu plus de facilité avant l'arrivée des secours, et il est bien fâclieux que sa bonne volonté ait été si fort retardée par la difficulté des arrangements des vivres et des armes.

Nous voici enfin sur le point de quitter Marly après un séjour de trois mois -^ ; le Roi part après-demain pour aller à Petit-Bourg, maison de M. d'Antin, et se rendre le lendemain à Fontainebleau. J'avoue, mon très cher frère, que j'en sens presque autant de joie que dans mon enfance. H y a quatre ans

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