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Correspondance de Fénelon, torae I, p

2. Dans la Correspondance de Fénelon cette lettre est datée à tort de 1696 ; elle est de l'année précédente. En effet, en 1695, la cour quitta Fontainebleau le 25 octobre, comme le prince le dit ; en 1696, elle y resta jusqu'au 7 novembre, et ce fut pendant ce séjour que la princesse de Savoie, fiancée au duc de Bourgogne, arriva à Fontainebleau ; il semble que le prince aurait dû faire allusion à cet événement, s'il avait écrit en 1696.

APPENDICE I. 15i

A Madame de Maintenon * .

28 décembre 1697.

M. de Beauvillier, Madame, vient de me dire la bonté qu'a le Roi de m'augmenter mes menus plaisirs jusqu'à trois mille livres par mois 2. Je vous prie de vouloir bien lui marquer ma reconnoissance et d'être persuadée que je suis très sensible à l'amitié que vous me faites paroître dans toutes les occasions. Je vous assure, Madame, que j'y répondrai comme je dois.

Louis.

A la duchesse de Savoie ^.

A Versailles, ce 31 mai 1699,

Madame,

Ma joie a été complète en apprenant en même temps votre parl'aite santé et la naissance d'un prince dont Dieu

1. Autographe de la bibliothèque du Louvre, brûlé en 1871, paru dans le tome II des Mélanges publiés par la Société des bibliophiles français [1822), dans le Journal de Dangeau, tome VI, p. 126, note, et réimprimée par Lavallée, Correspondance générale de M^^" de Maintenon, tome IV, p. 191.

2. Il n'avait auparavant que cinq cents francs. Le Roi accorda la même somme de trois mille livres à la duchesse de Bourgogne.

3. Original vendu par Etienne Charavay, le 2 décembre 1889, n''32du Catalogue.

a récompensé votre vertu K Vous auriez sûrement été satisfaite si vous aviez été témoin de mes premiers mouvements, et je suis certain qu'ils vous auroient convaincue que ma tendresse pour vous est telle que vous la pouvez désirer et qu'elle doit être.

Louis,

A Madame de Maintenon 2.

A Toulouse, le 16 février 1701.

Je vous suis infiniment obligé. Madame, de la peine que vous avez à faire ce que je vous ai prié, puisque c'est une marque de votre amitié ; mais en même temps je vous assure que vous ne pouvez m'en donner une plus grande qu'en achevant de résoudre le Roi à me permettre d'aller à la guerre, s'il y en a. Je viens de lui écrire une seconde lettre pour le presser de nouveau, en cas qu'il n'ait pas encore pris son parti. Je vous conjure aussi de regarder en ceci mes intérêts et de passer par-dessus la peine que cela vous peut faire. Je suis ravi que vous ayez approuvé le

1. Viclor-Araédée-Joseph-Philippe, prince de Piémont, né le G mai 1699, mort le 22 mars 1715 ; la duchesse n'avait eu jusqu'alors que des filles, dont la duchesse de Bourgogne était l'aînée.

2. Autographe de la bibliothèque du Louvre, publiée dans le tome II des Mélanges des Bibliophiles français, dans le Bulletin des Comités liisloriques : Histoire, sciences et lettres, 1852, p. 102, dans le Journal de Dangeau, tome VÏII, p. 38, et reproduite parLavallée, Correspondance générale de M"^" de Maintenon, tome IV, p. 383, avec la date erronée du 6 février. Les princes n'arrivèrent à Toulouse que le 13 [Dangeau, tome VIII, p. 36 .

Style de ma première lettre au Roi ^ Je l'ai faite tout de mon mieux, et, dans une occasion comme celle-ci, j'ai cru que je ne devois rien oublier. Je finis en vous suppliant, Madame, d'être toujours persuadée delà sincère amitié que j'ai pour vous et qui ne sauroit qu'augmenter toujours.

Louis.

A Madame de Maintenon 2. A Villefranche ^, le 18 février 1701.

Je suis ravi, Madame, que mon inquiétude n'ait pas été longue. J'espérois toujours que le succès seroit tel que je le souhaitois, et ce qui me fait un sensible plaisir est de croire que vous n'avez pas eu peu de part à ce qui me donne à présent de la joie. Je vous prie de m'excuser si j'avois été un peu inquiet de voir que vous aviez de la peine à presser le Roi dans cette occasion ; mais je reconnois à présent que cen'étoit qu'un effet de votre amitié, sur quoi j'ai toujours compté et dont je ressens si souvent les effets. Je vous prie, Madame, d'être persuadée de ma reconnoissance et de l'amitié que jai pour vous, qui ne finira jamais.

Louis.

1. On remarquera qu'aucune des lettres intimes du prince au Roi, son grand-père, ne nous est parvenue.

2. Mèrae origine que la lettre précédente ; Mélanges des Bibliophiles français ; Bulletin des Comités, p. 103 ; Correspondance générale,^. 386.

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