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La duchesse de Bourgogne

2. Autographe de la Bibliothèque du Louvre ; publiée dans les mêmes recueils que la précédente.

VPPENDICE 1. 161

plus à notre aise et nous donnera lieu de paroître plus que nous n'avons fait jusqu'ici. On dit que les ennemis se retranchent fort dans le posle où ils sont, à six lieues de nous. Nous ne manquons pas de bonne volonté, et, si nous pouvons trouver quelque jour à leur faire du dommage et même à les attaquer, nous n'en perdrons pas certainement l'occasion. Je vous supplie, Madame, de me garder toujours quelque place dans l'honneur de votre amitié, et d'être persuadée que la mienne ne sauroit être plus sincère.

Louis.

Au marquis de Denonville^.

Du camp de Xanten, 29 mai 1702.

J'ai reçu avec plaisir la lettre que vous m'avez écrite, et y ai reconnu le véritable attachement d'un cœur aussi bon et aussi droit que le vôtre. Rien ne m'est certainement plus agréable que de voir qu'on trouve que je fasse bien. Cependant ce n'est pas grand chose que de réussir devant les hommes, et je tâche principalement à faire bien devant Dieu de toutes sortes de manières. C'est là mon principal objet, et je vous en parle parce que je sais que cette matière vous fait plaisir. Vous ne sauriez me donner de plus grande marque d'attachement et de zèle qu'en continuant de le prier, comme vous faites, qu'il lui

1. Correspondance de Fénelon, tome I, p. 131. Jacques- René de Brisay, marquis de Denonville, était un des sous-gouverneurs des princes.

plaise me protéger spirituellement surtout, et ne permettre pas que je m'écarte jamais de son service. Soyez toujours persuadé, je vous prie, de Festime et de l'amitié que j'ai pour vous.

Louis.

A la duchesse de Bourgogne '.

[12 juin 1702.]

Nous avons couru l'ennemi pendant plus de deux

lieues 2; nous l'avons joint ; nous l'avons bien battu. On ne manquera pas de vous dire que je me mettois à l'embouchure du canon ; n'en croyez rien. Si j'avois quelque reproche à faire à nos troupes, ce seroit d'avoir trop craint pour leur général et trop peu pour elles-mêmes. Il n'y a eu personne de tué, ni même de blessé, bien près de moi; car le cheval du petit la Brosse, qui a eu la jambe cassée d'une mousquetade, ne peut pas s'appeler une personne. Les mousquetaires des ennemis nous ont plus inquiétés que leur canon, dont les boulets nous passoient à cinquante

pieds par-dessus la tête Le Roi vous dira les détails.

Nous avons perdu de braves officiers, bien dignes de nos regrets ; car on ne fait jamais de mal aux autres à la guerre, qu'on ne s'en fasse à soi-même

Louis.

1. Fragments publiés par labbé Proyart, Vie du Dauphin, tome II, p. 217. C'est la seule lettre qu'on connaisse du duc de Bourgogne à la duchesse sa femme.

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