Correspondance de Fénelon, tome I, p
2. Saint-Simon [Mémoires, édition Boislisle, tome XVI, p. 130-131) a raconté cette entrevue, où « le feu des regards du jorince lancés dans les yeux de l'archevêque suppléèrent k tout ce que le Roi avoit interdit et eurent une éloquence qui enleva tous les spectateurs. »
APPENDICE î. l79
A Fénelon, archei>êque de Cambray ^.
A Valenciennes, le 21 mai 1708.
Votre lettre m'a été rendue en particulier, mon cher archevêque, etje vous envoie la réponse par la même voie. C'est la meilleure dont vous puissiez user, lorsque vous le jugerez à propos. L'électeur de Cologne ^ a fait savoir à M. de Vendôme qu'il désiroit me voir, et, à cause des inconvénients du cérémonial, et que je ne lui pourrois pas donner autant qu'il prétendroit, il a été convenu que je ne le verrois qu'à cheval, et je crois que ce sera le jour de la revue de l'armée ; ainsi faites-lui la réponse que vous avez projetée. Je sais que ce prince a plus de mérite qu'on ne lui en croit ; je le connois par moi-même.
Je suis charmé des avis que vous me donnez dans la seconde partie de votre lettre, et je vous conjure de les renouveler toutes les fois qu'il vous plaira. Il me paroît. Dieu merci, que j'ai une partie des sentiments que vous m'y inspirez, et que, me faisant connoître ceux qui me manquent. Dieu me donnera la force de tout accomplir et d'user des remèdes que vous me prescrivez. Il paroît que, pour ne guère nous voir, vous ne me connoissez pas mal encore.
Quant à l'article qui regarde les Jansénistes, j'espère, par la grâce de Dieu, non pas telle qu'ils l'entendent, mais telle que la connoît l'Eglise catholique, que je ne tomberai jamais dans les pièges qu'ils voudront me dresser. Je con-