Fragment donné par Proyart, tome I, p
séparés, M. le chevalier de Saint-Georges, mon frère et moi, s'il s'en passoit encore une. Nous ne le lûmes point dans la dernière
Au maréchal de Berwick'^.
[4 août 1708.]
J'ai reçu hier vos deux lettres du l*' et du 2® de ce mois. Je vois dans la première que les ennemis n'ont pas réussi dans leur entreprise sur la Picardie, et, dans la seconde, que M. de Tilly a remarché vers leur grande armée. Nous raisonnâmes hier au soir sur le parti que vous nous proposez. Il est certain qu'il seroit excellent de pouvoir se placer de telle manière que, ayant les rivières devant nous, nous séparassions les ennemis et empêchassions le grand convoi de les joindre ; mais la difficulté seroit de se porter assez à temps où vous proposez. Vous ne pouvez y aller de Douay qu'en deux marches tout au plus. Nous ne saurions quasi y aller qu'en deux non plus, ayant nos troupes très séparées, au lieu que les ennemis n'ont qu'une marche à faire pour se porter sur lEscaut ; et, s'ils faisoient ce mouvement, quand nous ferions le nôtre, nous nous trouverions assez embarrassés. D'ailleurs, de la hauteur d'Audenarde jusqu'à la Rône, il y a trois lieues. Ajoutez à cela que si, lorsque nous aurions passé l'Escaut, les ennemis, forçant une marche, alloient droit à Bruges, je ne sais si le comte de la Mothe pourroit les empêcher de s'en rendre maîtres, auquel cas Gand ne