Correspondance de Fénelon, tome I, p
2. Louis-Auguste d'Albert, fils du duc de Chevreuse, titré vidarae d'Amiens.
eu nul combat, si l'on s'étoit arrêté à l'endroit oîi l'on disoit qu'ils étoient, et où on ne les trouva point ; du moins les ennemis les seroient-ils venus chercher.
Sur la Marque, M. de Vendôme n'ctoil pas pressé d'attaquer. Il ne reconnut le côté où éloit d'Artagnan que trois jours après son arrivée, et dès lors les retranchements étoient formés. Les plaines, il est vrai, sont assez grandes ; mais les ennemis y auroient toujours eu un plus grand front que nous, pour nous envelopper en débouchant des défilés.
Je ne me souviens point d'avoir écrit à des gens indiscrets ce que j'écrivois au Roi, en chiffre, sur l'état du dedans de la ville de Lille.
Je vous remets au Vidame sur tout le reste, dont je ne puis vous faire un plus long détail. Je profiterai, avec l'aide de Dieu, de vos avis. J'ai bien peur que le tour que je vais faire en Artois, me faisant finir ma campagne à Arras, ne m'empêche de vous voir à mon retour, comme je l'avois toujours espéré ; car, de la manière dont vous êtes à la cour, il me paroît qu'il n'y a que le passage dans votre ville archiépiscopale qui me puisse procurer ce plaisir. Je suis lâché aussi que l'éloignement où je vais me trouver de vous m'empêche aussi de recevoir d'aussi salutaires avis que les vôtres. Continuez-les cependant, je vous en supplie, quand vous en verrez la nécessité, et que vous trouverez des voies absolument sûres. Assistez-moi aussi de vos prières, et comptez que je vous aimerai toujours de même, quoique je ne vous en donne pas toujours des marques.
Louis.