LUI
A Fénelon, aj'chei>êque de Camhray'^.
[Mai 1709 2.]
On ne peut s'empêcher, mon cher archevêque, de chanter ici vos louanges. Pour moi, qui ne juge pas des actions par leur éclat, vous pensez bien que je ne vous estime pas moins lorsque vous faites distribuer vos blés aux pauvres de votre diocèse que quand vous les envoyez à nos soldats. C'est néanmoins très bien fait d'avoir dirigé vos charités dans ce moment vers l'endroit où le besoin paroît plus urgent. Vos libéralités d'ailleurs en ont déterminé une infinité d'autres. Le Roi a parlé de vous; il sait que je vous écris. Il a fait marquer aux abbayes combien il étoit satisfait des généreux efforts qu'elles ont faits dans ces fâcheuses conjonctures. Que le Dieu de paix veuille rapprocher tous les cœurs. Le mien, vous le savez, vous est uni pour jamais.
Louis.
1. Proyart, tome II, p. 144; cette lettre n'est pas reproduite dans la Correspondance de Fénelon.
2. La date de cette lettre est indiquée par le passage d'une lettre de M"** d'HuxelIes, citée dans le Journal de Dangeau, tome VIII, p. 413, où elle mentionne les distributions de pain faites par l'archevêque pendant la disette.
Au maréchal de Bouffleis'^.
[Septembre 1709.]
Le Roi est aussi satisfait de vous et de M. le maréchal de Villars que vous l'êtes vous-même de vos troupes^. L'ennemi a éprouvé que le François a encore du sang dans les veines. Il est vrai qu'il seroit à souhaiter, pour relever les courages, que nos avantages fussent apparents ; mais c'est toujours beaucoup que nous en ayons de réels ; les ennemis ne peuvent pas l'ignorer. Vous pensez bien que nous ferons ici l'impossible pour que de si braves gens ne manquent pas de pain...
Louis.