Fragment donne par Proyart, tome I, p
2. Celle phrase montre que cette lettre fut écrite après la bataille de Malplaquet.
Au duc de Noailles^.
A Versailles, 6 août 1710.
L'occasion qui se présente est trop favorable pour ne pas accompagner d'une réponse tardive les compliments que vous méritez justement sur ce qui vient de se passer en Languedoc-. On le doit à votre diligence et à votre bonne conduite, et je puis vous assurer qu'à commencer par le Roi, tout le monde vous rend justice, du moins ceux que j'ai vus et à qui j'en ai parlé. J'en ai été en mon particulier plus aise que personne, et par le bien public, et par l'amitié que j'ai pour vous et qui m'intéresse vivement à tout ce qui vous regarde. Venons maintenant à votre ancienne lettre, suite de notre dernière conversation. Il est plus temps que jamais, à l'heure qu'il est, de s'évertuer et d'exécuter quelque chose. Nos ennemis ne veulent absolument point la paix depuis qu'ils conviennent que, quand même on se joindroit à eux, ce ne seroit point assez pour réduire l'Espagne. Il est sûr qu'ils n'en veulent qu'à la France. Travaillons donc, et travaillons sérieusement et avec efficace. La justice étant sans contredit de notre côté, soutenons-la par la force autant qu'il nous sera possible ; mais surtout jamais de découragement ! Il paroît. Dieu merci! que l'on n'en a point ici, et je m'en réjouis. MM. Voysin et Desmaretz commencent aussi à travailler ensemble avec le Roi. Continuez, quand il arrivera quelque chose qui en vaille la peine, de me le mander.
Louis.
1. Mémoires de Nouilles, p. 410; fragments dans Proyart, tome I, p. 277, et tome II, p. 199.
2. A propos de la descente faite par les ennemis aux environs de Cette [Mémoires de Saint-Simon, tome XX, p. 99-101).
Au duc de Vendôme K A Versailles, ce 2*^ février 1711.
J'ai vu, par votre lettre que je reçus hier. Monsieur, que le roi mon frère s'étoit acquitté de la commission dont je l'avois chargé. Vous venez certainement de lui rendre le plus important service 2, et, par les dispositions que je sais que vous faites, je ne doute pas que vous ne continuiez de même. Soyez persuadé que j'y ai pris et que j'y prendrai toujours beaucoup de part. Vous savez comme je vous en ai parlé lorsque vous partîtes d'ici, et vous me connoissez pour un homme véritable. Assurez-vous aussi. Monsieur, de la parfaite estime que j'ai pour vous, et dont je serai ravi de pouvoir vous donner des marques quand les occasions s'en présenteront.
Louis.
1. Copie dans le ras. Franc. 14178, fol. 444 ; publiée dans les Mémoires de Saint-Simon, tome XX, Appendice, p. 446.