En gagnant la bataille de Villaviciosa
A M. Desmaretz, contrôleur général des finances ^, [Sans date; avant avril 1711.]
Pardon, Monsieur, de mon infidélité au rendez-vous. Je m'en prendrois volontiers au Roi et à M"" la duchesse de Bourgogne ; mais, dans le fond, il y a bien aussi de ma faute ; car le Roi m'a presque grondé quand je lui ait dit, en le quittant, que vous aviez perdu votre temps à m'attendre. Vous savez qu'il veut par dessus tout qu'on mette de l'ordre et de la suite dans les affaires. Mais, autre inconvénient : Monseigneur veut que je chasse avec lui ce soir ; venez donc demain et paroissez chez moi aussi tôt que le soleil sur l'horizon. Les ordres seront donnés ; vous me trouverez certainement, et nous serons bien seuls. Vous ne feriez pas mal de vous munir du bail, j'entends l'avantdernier. Je vous montrerai quelque chose sur la liquidation de l'emprunt ; mais il y a trop d'observations à faire sur ce chapitre pour que nous puissions rien conclure demain 2. Allons au bien du jour, il le faut nécessairement ; mais il faut aussi (jue ce soit le moins que faire se peut aux dépens du lendemain. Le Roi n'a pas là-dessus une façon de penser différente de la mienne ; l'Etat n'est malheureusement que trop obéré.
Louis.