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3. La congrégation de la Mission ou des Lazaristes, fondée par saint Vincent de Paul.

AU ROI d'eSPAGNE PHILIPPE V. 25

espagnol m'a prié de vous recommander son frère, nommé Don Ildefonse de Narvaès, et ses enfants, qui sont dans vos troupes ; je m'acquitte de ce que je lui ai promis, mon très cher frère ; c'est à vous à voir si vous avez sujet d'être content de leurs services.

eux.

A Versailles, le 21 juillet 1709.

Le sieur de Blécourt ^ allant près de vous, mon très cher frère, en qualité d'envoyé du Roi-, je ne dois pas manquer cette occasion de vous renouveler les témoignages de ma tendresse qui ne sauroit être plus vive. Vous l'avez déjà vu dans la même fonction qu'il a exercée, et je ne doute pas qu'il ne continue à mériter votre bienveillance. Je vous écris encore aujourd'hui par l'ordinaire, mon très cher frère; ainsi je ne ferai pas celle-ci plus longue et vous embrasse de tout mon cœur.

Louis.

1. Jean-Denis, marquis de Blécourt, parent du maréchal d'Harcourt, brigadier d'infanterie en 1696, avait déjà été chargé d'affaires en Espagne de 1700 à 1703 ; il mourut en

2. Louis XIV l'envoyait à Madrid pour remplacer l'ambassadeur Amelot rappelé en France.

A LA REINE D'ESPAGNE

A Versailles, le 25 juillet 1709.

J'espère que, me faisant la justiee, Madame, de connoître mes sentiments d'amitié et de tendresse tels qu'ils sont pour vous, vous n'aurez point douté que je n'aie ressenti vivement la perte du prince que vous veniez de donner pour infant à l'Espagne ; mais cette perte, toute grande qu'elle est, ne sera pas irréparable, s'il plaît à Dieu.

Le sieur de Blécourt, qui aura l'honneur de vous rendre cette lettre, est, je crois, déjà de votre connoissance, et je suis persuadé qu'il se conduira d'une manière digne de vos bontés. Quoiqu'il soit chargé de vous dire de ma part tout ce que l'amitié peut exprimer de plus fort, je puis vous assurer, Madame, qu'il ne vous dira rien que de vrai, et je me flatte que vous me continuerez toujours l'honneur de la vôtre, que je mérite certainement plus que personne.

A Marlv, le 5 août 1709.

Je n'avois point encore reçu la lettre où vous me parliez de la mort de l'infant, mon très cher frère.

lorsque je vous en ai témoigné ma douleur. La vôtre certainement et celle de la reine n'ont pas peu contribué à ma peine, et les vues que donne le Christianisme sont les seules véritables consolations dans de pareilles occasions ; je me réjouis avec vous de la bonne santé de la reine et du prince. Dieu veuille qu'elle vous redonne bientôt un autre enfant! La ville de Tournay, battue en brèche de trois côtés et de manière à être emportée d'un moment à l'autre, a capitulé le 28 du mois dernier K Survillc s'est retiré avec la garnison dans la citadelle, et, par les dernières nouvelles, les ennemis n'y auroient encore jeté que des bombes. Il seroit à souhaiter qu'elle pût durer tout ce mois-ci, et, s'il venoit des pluies au mois de septembre, comme il est ordinaire en Flandres, peut-être les ennemis n'iroient-ils pas beaucoup plus loin.

(^omme vous ne m'avez point écrit des affaires de M. le duc d'Orléans -, je ne vous en ai point parlé non plus ; elles ont fait ici assez de bruit^sans certitude cependant, dans le public^. Le Roi vous mandera sans doute comme il en a parlé à M. le duc d'Orléans, ce qu'il lui a répondu, et le parti

1. Le texte do la capitulation se trouve dans les Mémoires de Lamberty, loine V, p. 336-355.

2. L'affaire qu'on appela la conspiration de Flotte et Regnaut. Sur le détail de cette affaire, qui fut très préjudiciable au duc d'Orléans, on peut voir les Mémoires de Saint-Simon, tome XVIII, p. 45 et suivantes, et surtout le tome II de Philippe V et la Cour de France, oîi sont exposées en détail toutes les péripéties de cette aventure.

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