M'imposez » pour m'imputez
LETTRE Xlll. 81
parce que vous avez osé avancer dans vos Écrits, « que les sentiments de vos Auteurs sur le Meurtre sont conformes aux décisions des Papes et des Lois ecclésiastiques, » vous m'obligerez à détruire % dans ma Lettre suivante, une proposition si téméraire et si injurieuse à l'Église. Il importe de faire voir qu'elle est exempte** de vos corruptions, afin que les Hérétiques ne puissent pas se prévaloir de vos égarements pour en tirer des conséquences qui la déshonorent. Et ainsi, en voyant d'une part vos pernicieuses maximes, et de l'autre les Canons de l'Église qui les ont toujours condamnées, on trouvera tout ensemble, et ce qu'on doit éviter, et ce qu'on doit suivre.
Votre Quatrième Imposture est sur une maxime touchant le Meurtre, que vous prétendez que j'ai faussement attribuée à Lessius. C'est celle-ci : « Celui qui a reçu un Soufflet peut poursuivre à l'heure même son ennemi, et même à coups d'épée, non pas pour se venger, mais pour réparer son Honneur. » Sur quoi vous dites que cette opinion-là est du casuiste Victoria ^ Et ce n'est pas encore là*' le sujet de la dispute, car il n'y a point de répugnance à dire qu'elle soit tout ensemble de Victoria et de Lessius, puisque Lessius dit lui-même qu'elle est aussi de Navarre et de votre père Henriquez, qui enseignent « que celui qui a reçu un
■ ■ Détruire » est la leçon ia-8<>. Les textes in-l» et in-12 ont « renverser ». *» Textes in-4» et m-12 : « pure ».
' c Là > est ajouté dans le texte in-S».
1. Victoria (Francisco de), né à Vittoria (Navarre), d*où il tire son nom : théologien et casuiste dominicain, mort à Salamanque, où il professait la Théologie, en 1540. Son principal ouvrage {Theologicœ prœlecliones xii) publié après sa mort en un vol. in-folio contient douze traités parmi lesquels celui de Homicidio, et un autre intitulé : De Simonia, On a encore de lui une Somma sacrameiUoi'um Ecclesiœ et une Somma confessionaria. Voir Moreri, t. U de Tédilion de 1098, au mot François de Victoria,