‹ Lettres écrites a un provincial (volume 2)Chapitre 48 sur 73 · II. Saint Basile faussement allégué sur le même sujet · texte numérisé non relu

II. Saint Basile faussement allégué sur le même sujet

Les Jésuites attribuent encore dans cette même pa^ leur méchante Doctrine des Occasions Prochaines à saint Basile, eQ le citant après le P. Caussin {Const. monac,, cap. iv), où il n'j i pas un seul mot de ce sujet. C'est dans le chapitre III où se trouve ce qu'en rapporte le P. Caussin, mais qui est une condamnation formelle de la Doctrine de ces Casuistes, n'j avani rien de si pur et de si contraire au relâchement de ces Nouveaux Docteurs, que ce que ce Père enseigne en ce lieu.

Car voici les conseils qu'il donne à ses Religieux : c Noos ne devons pas seulement travailler à régler nos pensées et nos mouvemens intérieurs, mais nous devons aussi, autant qu'il se peut, nous éloigner des choses qui, frappant nos sens et renouvelant la mémoire à nos passions, causent du trouble dans notre esprit, et font souffrir à notre âme une guerre et un combat importun. Car, lorsque nous sommes engagés dans le combat contre notre volonté, c'est une nécessité de le souffrir; mab c'est une grande folie de nous y engager nous-4nêmes volontairement. C'est pourquoi nous devons fuir, avant toutes choses, l'entretien des Femmes, et nous ne devons jamais nous trouver avec elles que lorsqu'une nécessité indispensable nous y force; et alors même il faut s'en garder comme d'un feu, et nous en défaire le plus promptement que nous pourrons. » Ce qu'il répète encore à la fin du chapitre : « Ayons soin, dit-il, autant quil nous est possible, d'éviter la conversation avec les Femmes ; et, si cela ne se peut entièrement, il faut au moins que nos entretiens avec elles soient très rares et très courts. >»

Voilà tout ce que dit saint Basile sur ce projet; et les Jésuites ont si peu de conscience que de vouloir se servir de ses règles si saintes et si sévères, pour permettre à des débauchés d'aller

faire des leçons de chasteté à des femmes perdues, encore qu'ils aient souvent reconnu, par une funeste expérience, qu'ils succombent à la tentation qu'ils vont chercher : « Etsi malo suo sœpe experli sunt, » comme dit le P. Bauny, « blandis se muliercularum sermonibus ac illecebris fiecti soliios ad libidinein. »

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