‹ Lettres écrites a un provincial (volume 3)Chapitre 3 sur 89 · IV HISTOIRE DES PROVINCIALES · texte numérisé non relu

IV HISTOIRE DES PROVINCIALES

passèrent outre, et achevèrent la censure, qui ne condamnoit pas seulement la doctrine des deux propositions^ mais la personne même de M. Amauld^ en Texcluant pour toujours de la Faculté. La censure est du 3i janvier. Pascal, pour s*opposer aux intrigues des ennemis de M. Arnauld^ et troubler un peu leur triomphe, fit encore avec une grande promptitude la seconde, la troisième et la quatrième lettres. Elles furent reçues avec encore plus d'applaudissement. Rien n'était égal à Temprcssement des premiers magistrats ; et M. de Bellièvre, alors premier président, donna ordre qu'on les lui apportât dans l'instant qu'elles paroUroieut. Tout le monde y admiroit cette brièveté charmante, cette naïveté inimitable et cette parfaite pureté de style qui les ont fait regarder de tous les habiles, gens comme l'ouvrage le plus achevé en toute manière qui eût paru en notre langue.

L'applaudissement avec lequel ces quatre premières lettres furent reçues invitoit Pascîal à suivre ce qu'il avoit commencé; et en eflet il se proposoit de continuer à expliquer les matières de la grâce ^; mais, ayant mis à la fin de sa quatrième lettre que dans la suivante il pourroit parler de la morale des jésuites, il se trouva engagé à le faire. Lorsqu'il fit cette promesse, il n'étoit pas encore assuré, comme il l'a souvent dit lui-même, s'il écriroit effectivement sur ce sujet. Il considéroit seulement que si, après y avoir bien pensé, on jugeoit que ce travail fût utile à l'Église, il n'y auroit rien de plus facile que de satisfaire à sa promesse par une ou deux lettres; et que cependant il n'y avoit point de danger d'en menacer les jésuites et de leur donner l'alarme, afin que la crainte au moins les portât à avoir plus de retenue. En effet, il pensoit si peu à exécuter cette promesse, qu'après même avoir excité par là l'attente dû public, qui souhaitoit avec impatience de lui voir exposer la morale des jésuites, il délibéra longtemps s'il le feroit. Quelques personnes de ses amis lui représentèrent qu'il quittoit trop tôt la matière de la

>- Wendrockii prisloqnio III.

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