‹ Lettres écrites a un provincial (volume 3)Chapitre 58 sur 89 · ÉOAHËMENTS D£S JÉSUITES TOUCHANT LA SIMONIE · texte numérisé non relu

ÉOAHËMENTS D£S JÉSUITES TOUCHANT LA SIMONIE

S de conscience à Gaen, a décidé qu'il n'y a en cela cun péché : car les opinions probables vont toujours mûrissant. C'est ce qu'il déclare dans ses écrits 1644, contre lesquels M. Dupré , docteur et profesur à Caen, fit cette belle harangue imprimée^ qui est sez connue. Car, quoique ce père Érade Bille recon- (isse que la doctrine de Valentia, suivie par le père ilhard, et condamnée en Sorbonne, <c soit contraire au sentiment commun, suspecte de simonie en plusieurs choses, et punie en justice, quand la pratique en est découverte, )» il ne laisse pas de dire que c'est le opinion probable, et par conséquent sûl*e en conience , et qu'il n'y a en cela ni simonie ni péché.

C'est, dit-il , une opinion probable et enseignée par beaucoup de docteurs catholiques, qu'il n'y a aucune simonie, ni aucun pèche à donner de l'argent, ou une iutre chose temporelle pour un bénéfice, soit par orme de reconnaissance, soit comme un motif sans ians lequel on ne le donneroit pas, pourvu qu'on ne le lonne pas comme un prix égal au bénéfice. » C'est là it ce qu'on peut .désirer. Et selon toutes ces maxiîs vous voyez , mes pères , que la simonie sera si re, qu'on en aurait exempté Simon même le magiin, qui voulait acheter le Saint-Esprit, en quoi il est nage des simoniaques qui achètent ; et Giezi, qui retde l'argent pour un miracle, en quoi il est la figure s simoniaques qui vendent. Car il est sans doute que, and Simon, dans les Actes, offrit de l'argent aux apùs pour avoir leur puissance , il ne se servit ni des taras d'acheter, ni de vendre, ni de prix, et qu'il ne fit tre chose que d'olFrir de l'argent, comme un motif »ur se faire donner ce bien spirituel. Ce qui étant

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exempt de simonie , selon vos auteurs , il se fût bien garanti de l'anathème de saint Pierre, s'il eût été instruit de vos maximes. Et cette ignorance fit aussi grand tort à Giezi, quand il fut frappé de la lèpre par Elisée; car, n'ayant reçu de Targent de ce prince guéri miraculeusement que comme une reconnaissance^ et non pas comme un prix égal à la vertu divine qui avait opéré ce mirale, il eût obligé Elisée à le guérir, sur peine de péché mortel, puisqu'il auroit agi selon tant de docteurs graves, et qu'en pareils cas vos confesseurs sont obligés d'absoudre leurs pénitents, et de les laver de la lèpre spirituelle, dont la corporelle n'est que la figure.

Tout de bon , mes pères, il seroit aisé de vous to^l^ ner là-dessus en ridicule; je ne sais pourquoi vous vous y exposez. Car je n'aurais qu'à rapporter vos autres maximes, comme celle-ci d'Escobar dans la Pratiqua de la Simonie selon la Société de Jésm^ tr. 6, ex. 2, n. 44: « Est-ce simonie, lorsque deux religieux s'engagenll'un (( à l'autre en cette sorte : Donnez-moi votre voix pour (( me faire élire provincial, et je vous donnerai la mienne (( pour vous faire prieur? Nullement. » Et cet autre, tr. 6, n. 14 : « Ce n'est pas simonie de se faire donner (( un bénéfice en promettant de l'argent, quand on n'a « pas dessein de payer en efl'et ; parccque ce n'est « qu'une simonie feinte, qui n'est non plus vraie, que « du faux or n'est pas vrai or, » C'est par cette subtilité de conscience qu'il a trouvé le moyen, en ajoutant la fourbe à la simonie, de faire avoir des bénéfices sans argent et sans simonie. Mais je n'ai pas le loisir d'en dire davantage; car il faut que je pense à me défendre contre votre troisième calomnie sur le sujet des banqueroutiers.

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