‹ Lettres écrites a un provincial (volume 3)Chapitre 60 sur 89 · RÉFUTATION · texte numérisé non relu

RÉFUTATION

DE LA BÉPONSB DES JÉSUITES A LA DOUZIÈUE LBTTBE

Monsieur ,

Qui que vous soyez qui avez entrepris de défendre les jésuites contre les lettres qui découvrent si clairenient le dérèglement de leur morale, il paroit, par le soin que vous prenez de les secourir, que vous avez bien connu leur foiblesse , et- en cela on ne peut blÂ* oaer votre jugement. Mais si vous aviez pensé de poui^oir les justifier en effet , vous ne seriez pas excusable. \ussi j*ai meilleure opinion de vous, et je m'assure Jue votre dessein est seulement de détourner l'auteur les Lettres par cette diversion artificieuse. Vous n'y tvez pourtant pas réussi ; et j'ai bien de la joie de ce lue la treizième vient de paroître , sans qu'il ait reparti à ce que vous avez fait sur la onzième et sur la louzième , et sans avoir seulement pensé à vous. Cela ne fait espérer qu'il négligera de même les autres, i^ous ne devez pas douter, monsieur, qu'il ne lui eût 5té bien facile de vous pousser. Vous voyez co\svKi^w\. ] mène la Société entière : qu'eûl-ce àotvç, feXfe. ^*^

2i0 RÉPONSE A LA DOUZIÈHB LfiTTHt^-

VOUS eût entrepris en particulier T Jngei-en par lamir nière dont je vas vous répondre sur ce que vans «w écrit contre sa douzième lettre.

Je vous laisserai, monsieur, toutes vos injures L'asteur des lettres a promis d'y satisfaire , et je crob qu'il le fera de telle sorte, qu'il ne voua restera que la honte et le repentir. H ne lui sera pas difficile de cour vrir de confusion de simples partiifuliera comme tM et vos jésuites, qui, par un attentat criminel, «orpeut l'autorité ^e l'Église pour traiter d'héréfiqiûi ceux qui leurpUtt, lorsqu'ils se voient dans l'impoiisance de se défendre contre les justes reproches qa'oa leur fait de leurs méchantes maximes. Mais, pour moi , je me resserrerai danlB la réfutation des noovellei^ impostures que vous employez pour là, justification de ces casuistes. Commençons par le grand Vaiquez.

Vous ne répondez rien à tout ce que l'auteur des lettres a rapporté pour feire voir sa mauvaise doctrine touchant l'aumône; et vous l'accusez seulement en l'air de quatre faussetés, dont la première est qu'il a supprimé du passage de Vasquez , cité dans la sixième lettre , ces paroles , Statum quem licite possunt aequirere; et qu'il a dissimulé le reproche qu'on lui en fait.

Je vois bien , monsieur^ que vous avez cru sur la foi des jésuites, vos çhers amis, que ces paroles-là sont dans le passage qu'a cité l'auteur des lettres; ctf-^ si vous eussiez su qu'elles n'y sont pas, vous eussies 1 blâmé ces pères de lui avoir fait ce reproche, plutôt que de vous étonner de ce qu'il n*avoit pas daigné répondre à une objection si vaine. Mais ne vous fiez pas hnt à eux , vous y seriez ^ovxNÇiîvV. ^VVra^^, ^\^»8l4cei

is-même dans Vasquez le passage que l'auteur en a porté. Vous le trouverez de Eleem. ch. iv, n. 14; is vous n'y verrez aucune de ces paroles qu'on dit il en a supprimées, et vous serez bien étonné de ne trouver que quinze pages auparavant. Je ne doute int qu'après cela vous ne vous plaigniez de ces bons res, et que vous ne jugiez bien que, pour accuser cet leur d'avoir supprimé ces paroles de ce passage, il idroit l'obliger de rapporter des passages de quinze ges in-folio dans une lettre de huit pages m-4% où il iccoutumé d'en rapporter trente ou quarante, ce qui seroit pas raisonnable.

Ces paroles ne peuvent donc servir qu'à vous conncre vous-même d'imposture, et elles ne servent s aussi davantage pour justifier Vasquez. On a acsé ce jésuit€L d'avoir ruiné ce précepte de Jésusrist qui oblige les riches de faire l'aumône de leur perflu, en soutenant « que ce que les riches gardent pour relever leur condition ,' ou celle de leur parents , d'est pas superflu; et qu'ainsi à peine en trouvera-t-on dans les gens du monde, et non pas même dans les rois. » C'est cette conséquence, « qu'il n'y i presque jamais de superflu dans les gens du monde, « i ruine l'obligation de donner l'aumône, puisqu'on conclut, par nécessité, que, n'ayant point de su- 'flu, ils ne sont pas obligés de le donner. Si c'étoit iteur des lettres qui l'eût tirée , vous auriez quelque et de prétendre qu'elle n'est pas enfermée dans ce ncipe, « que ce que les riches gardent pour relever eur condition, ou celle de leur parents, n'est pas ippelé superflu, » Mais il l'a trouvée toute tirée dans iquez. IJjraluces paroles, si éloigtièe^ A^V^'s^^xN.

212 RÉP0M8B A Là DOUZlftME LBTTRt' '

de rÉvangile et de la modération chrétienne : « peine trouvera-t-on du superflu dans les gens es « monde, et non pas même dans les roiSi s Ityalt encore cette dernière conclusion rapportée dans la dmsiëme lettre : « k peine estron obUgé de donner l'ai^ « mône quand on n*est obligé à la donner que daioa superflu; » et ce qui est remarquable^ c'est qu'elle se voit au même lieu que ces paroles, Siethm pm licite po89tmt acquirtre^ par lesquelles tous prétôida l'éluder. Vous chicanes donc inutilement sur ie principe , lorsque vous êtes obligé de vous taire sur les s» séquences qui sont formellement dans Vasques , et qn suffisent pour anéantir le précepte de Jésua-C!hnt| comme on l'a accusé de l'avoir fait. Si Vasques ta avoit mal tirées de son principe, il anroit joint me faute de jugement avec une erreur daos la morsle; et il n*en seroit pas plus innocent', ni le précepte de Jésus-Christ moins anéanti. Mais il paroitra , par la rébtation de la seconde fausseté, que vous reprochez à Taih leur des lettres, que ces mauvaises conséquences sont bien tirées du mauvais^ principe que Vasques établit an même lieu ; et que ce jésuite n'a pas péché contre les règles du raisonnement, mais contre celles de l'Évangile.

Cette seconde fausseté que vous dites qu'il a diuir \ mulee après en avoir été convaincu , et qu'il a omis ces paroles par un dessein outrageux,. pour corrompre la pensée de ce père , et en tirer cette conclusion sciac daleuse : « Qu'il ne faut^ selon Vasques, qu'avoir 1 (( beaucoup d'ambition pour n'avoir point de supe^ « flu. » Sur cela, monsieur, je vous pourrois dire, en un mot, qu'il n'y eut jamais d'accusation moins raisonnable que celle-là. Les jèsmle^ tie ^^ ^o\iX \«sfiLÀ% ^V^arâ&a de

cette conséquence. Et cependant vous reprochez à Tauteur des lettres de n'avoir pas répondu à une objection qu'on ne lui avoit pas encore faite. Mais si vous croyez avoir été en cela plus clairvoyant que toute celte compagnie , il sera aisé de vous guérir de cette vanité, qui seroit injurieuse à ce grand corps. Car comment pouvez-vous nier que de ce principe de Yasquez, « ce que Ton garde pour relever sa condi- « tion, ou celle de ses parents, n'est pas appelé suce perflu, » on ne conclue nécessairement qu'il ne faut qu'avoir beaucoup d'ambition pour n'avoir point de superflu? Je vous permets de bon cœur d'y ajouter encore la condition qu'il exprime en un autre endroit, qui est qu'on l'on ne veuille relever son état que par des voies légitimes : Statum quem licite possunt acquirere. Cela n'empêchera pas la vérité de la conséquence que vous accuse;; de fausseté.

Il est vrai, monsieur, qu'il a quelques riches qui peuvent relever leur condition par des voies légitimes. L'utilité publique en peut quelquefois justiOer le désir, pourvu qu'ils ne considèrent pas tant leur propre honneur et leur propre intérêt que Thonneur de Dieu et l'intérêt du public; mais il est très rare que l'esprit de Jésus-Christ, sans lequel il n'y a point d'intentions pures, inspire ces sortes de désirs aux riches du monde : il les porte bien plutôt à diminuer ce poids iimtile qui les empêche de s'élever vers le ciel et à craindre ces paroles de son Évangile, que celui qui s'élève sera abçtissé. Ainsi ces désirs que l'on voit dans la plupart des hommes du siècle , de monter toujours à une condition plus haute, et d'y faire monter leurs parents, quoique par des voies légitimes > v\e ^oxvV ^«vxx

DE VlS'jCïZ iLÎ litHOSï ;13

a cotaénoeace. Et cepeQ>LinC tou« reprochez i leor des lettres de a'jToir pas reptocu à unr obioo qn'oo oe lai »Ti:>ic f.ai eaciire £i:te. Mais si toa: rei avoir ^té en cela piiL$ iri^croj^at qtie tonte • compagnie, il $er3 ai?e «le voc? zuêrir de cette Hé. qni seroit ûij>ineti?e à ce znail corp^. Cir ■■ml poavez-Toa; oier 'in-r de i:e principe de fan. • ce que l'ù-i «."d-e p-yir relever sa eondi- Vi OD celle de i<^ p^reats. :i'e>t pas appelé soit ■ oo oe coadoe ar^v .sairemeol qsll oe bat I d'amlMlk-D ;:<oar a'atoir poâol de F Je «DOS p^mteis de iH>a «sur d'j aioater Q qn 11 e I l'on ne TMiiUe idcRT 9oa état q«e par d«« E pÊÊtmml meqm r or.

la Térité de la cooïéqiienre que

îli RÉPONSE A LA DOUZIÈMB LBTTA

Tordinaire que des effets d'âne caindité tnrrestre'el d'âne véritable ambition. Car c'est, fliouieiir, 1M erreuf grossière de crmre qall n'y ait poinl dtebh tion à désirer de relever sa condition qoe lonqfa'orM veut servir de moyens injustes ; et c'est cette errear^ae saint Augustin condamne dans le livre De là PatieBCS, eh. m, lorsqu'il dit : « L'amour de l'argent «t ledesble « la gloire sont des folies que le monde croit penniMs; « et qn s'imagine que l'avarice , l'ambition , le Inze, te « divertissements des spectacles sont innocents, ien- « qu'ils ne nous font poiat tomber dans quelque crte « ou quelque désordre que les lois défendeht. » L'iabition consiste à désirer relèvement pour l^élèveoBsnt, et l'honneur pour l'honneur, comme l'avarice i aioMr les richesses pour les richesses. Si vous y joignei ta moyens injustes, vous la rendez plus criminelle; luiiii en substituant des moyens légitimes, vous ne laresdez pas innocente. Or, Vasquez ne parle pas de ces occasions dans lesquelles quelques gens de bien désirent de changer de condition^ et sont dans taHeufs probable de le faire, comme dit le cardinal Gajetan. 811 en parloit , il auroit été ridicule d'en conclure, ccMnioe il a fait, que Ton ne trouve presque jamais de superflu dans les gens du monde; puisque des occasions très rares, qui ne peuvent arriver qu'une ou deux fois dans la vie , et qui ne se rencontrent que dau un très petit nombre de riches, à qui Dieu fait cbnndttie qu'ils ne se nuiront pas à eux-mêmes en s'élevantpoiir servir les autres, ne peuvent pas empêcher que la plupart des riches n'aient beaucoup de superflu.. Mais il parle d'un désir vague et indéterminé de s'agrandir, il parle d'un désir de s.'fe\eve^ ^%»& ^M^Mstf^ VM(!R!Qfii&;

puisque, s'il étoit borné , les riches commenceroient d'avoir du superflu lorsqu'ils y seroient arrivés.

Et enfin il croit que ce désir est si généralement permis qu'il empêche tons les riches d'avoir presque jamais du superflu.

C'est, monsieur, afin que vous l'entendiez, cette prétention de s'agrandir et de s'élever toujours dans le siècle à une condition plus haute , quoique par des moyens légitimes, Ad statum quem licite possunt acquirere, que l'auteur des lettres a appelée du nom d'ambition; parceque c'est le nom que les pères lui donnent , et qu'on lui donne même dans le monde. D n'a pas été obligé d'imiter une des plus ordinaires adresses de ces mauvais pasuistes , qui est de bannir les noms des vices, et de retenir les vices mômes sous d'autres noms. Quand donc ces paroles , Statum (jwm licite possunt acquirere, auroient été dans le passage qu'il a cité, il n'auroit pas eu besoin de les retrancher pour le rendre criminel. C'est en les y joignant qu'il a droit d'accuser Vasquez, que, selon lui, il ne faut qu'avoir de l'ambition pour n'avoir point de superflu. Il n'est pas le premier qui a tiré cette conséquence de cette doctrine. M. Du Val l'avoit fait avant lui en termes formels, en combattant cette mauvaise maxime, tome II, q. 8, p. 5*6. «Il s'ensuivroit, « dit-il, que celui qui desireroit une plus haute dignité, « c'est-à-dire qui auroit une plus grande ambition, « n'auroit point de superflu, quoiqu'il eût beaucoup « plus qu'il ne lui faut selon sa condition présente : « Sequeretur eum qui hanc dignitatem cuperet^ seu qui « MAJORi AMBITIONE DtCERETUR, hahcndo plvrima supra « decentiam sui status ^ non habiturum super flua. »

Vous avez donc fort mal réussi, monsieur, dans les deux premières faussetés que vous reproche» i Tauteur des lettres. Voyons si vous serez mieux fondé dans les deux autres que vous Taccusez d'avoir faites en se défendant. La première est qu'il assure que Vasquez n'oblige point les riches de donner de ce qd est nécessaire à leur condition. Il est bien aisé de vous répondre sur ce point : car il n'y a qu'à vous dire nettement que cela est faux, et qu'il a dit tout le contraire. 11 n'en faut point d'autre preuve que le passage même que vous produisez trois lignes après, où il rapporte que Vasquez « oblige les riches de « donner du nécessaire en certaines occasions. »

Votre dernière plainte n'est pas moins déraisonnable. En voici le sujet. L'auteur des lettres a repris deux décisions dans la doctrine de Vasquez : Tune, « que les riches ne s'ont point obligés, ni par justice,ni «par charité, de donner de leur superflu, et encore « moins du nécessaire dans tous les besoins ordinaires « (les pauvres. » L'autre, « qu'ils ne sont obligés de « donner du nécessaire qu'en dés rencontres si rares « qu'elles n'arrivent presque jamais. » Vous n'aviez rien à répondre sur la première de ces décisions, qui est la plus méchante. Que faites -vous là- dessus? Vous les joignez ensemble, et, apportant quelque mauvaise défaite sur la dernière, vous voulez faire croire que vous avez répondu sur toutes les deux. Ainsi, pour démêler ce que vous voulez embarrasser h dessein, je vous de^ mande à vous-même s'il n'est pas vrai que Vasquez enseigne que les riches ne sont jamais obligés de donner ni du superflu, ni du nécessaire, ni par charité, ni par justice j dans les tvécessUés ordinaires des pauvres.

L'auteur des lettres ne l'a-t-il pas prouvé par ce passage formel de Vasquez : ce Gorduba enseigne que lorsqu'on « a du superflu on est obligé d'en donner à ceux qui « sont dans une nécessité ordinaire, au moins une par- « lie, alin d'accomplir le précepte en quelque chose ? » (Remarquez qu'il ne s'agit point en cet endroit si on y est obligé par justice ou par charité, mais si on y est obligé absolument.) Voyons donc quelle sera la décision de votre Vasquez. « Mais cela ne me plaît pas, sed hoc « NON placet: car nous avons montré le contraire con- « tre Cajetan et Navarre. » Voilà à quoi vous ne répondez point, laissant ainsi vos jésuites convaincus d'une erreur si contraire à l'Évangile.

Et quant à la seconde décision de Vasquez, qui est que les riches ne sont obligés de donner du nécessaire à leur condition qu'en des rencontres si rares qu'elles liWivent presque jamais, l'auteur des lettres ne l'a pas ïûoins clairement prouvé par l'assemblage des condi- Wons que ce jéi$ulte demande'pour former cette obligation : savoir, « que l'on sache que le pauvre qui est « dans la nécessité urgente ne sera assisté de personne * que de nous ; et que cette nécessité le menace de « quelque accident mortel , ou de perdre sa réputa- « tion. » Il a demandé sur cela si ces rencontres -toient fort ordinaires dans Paris ; et enfin il a pressé ies jésuites par cet argument : Que Vasquez permettant to pauvres de voler les riches dans les mêmes circonstances où il oblige les riches d'assister les pauvres, il aut qu'il ait cru , ou que ces occasions étoient fort 'ares, ou qu'il étoit ordinairement permis de voler, îu'avez-vous répondu à cela, monsieur? \o\ià ^n^'l^v^imulé toutes ces preuves, et vous vous èV^^ ccçiX^'^^

de rapporter trois passages de Vasquez, où il dit dans les deux premiers que les riches sont obligés d'assister les pauvres dans les nécessités urgentes , ce que l'auteur des lettres reconnolt expressément; mais vous vous êtes bien gardé d'ajouter qu'il y apporte des restrictions, qui font que ces nécessités urgentes n'obligent presque jamais à donner l'aumône, qui est ce dont il s'agit.

Le troisième de vos passages dit simplement que les riches ne sont pas obligés de donner seulement l'aumône dans les nécessités extrêmes, c'est-à-dire quand un homme est près de mourir, parcequ'eUes sont trop rares; d'où vous concluez qu'il est faux que les occasions où Vasquez oblige à donner l'aumône soient fort rares. Mais vous vous moquez , monsieur : vous n'en pouvez conclure autre chose, sinon que Vasquez ôtele nom de ti^ès rares aux occasions de donner l'aumône, qu'il rend très rares en effet par les conditions qu'il y apporte. En quoi il n'a fait que suivre la conduite de sa compagnie. Ce jésuite avoit tl satisfaire tout ensemble les riches, qui veulent qu'on ne les oblige que très rar remenl à donner l'aumône, et l'Église, qui y oblige très souvent ceux qui ont du superflu. 11 a donc voulu conlenler tout le monde, selon la méthode de sa société, et il y a fort bien réussi. Car il exige, d'une pari, des conditions si rares en eflet, que les plus avares en doivent être satisfaits; et il leur ôte, de l'autre, le nom de rures^ pour satisfaire l'Eglise en apparence. Il n'est donc pas question de savoir si Vasquez a donné le nom de rares aux rencontres où il oblige de donner l'aumône. On ne l'a jamais accusé de les avoir appelées raves. Il ctoit trop \iabVV^ \ëï>vivVe \>ovvt ^^^^\%.\ ^vasiles

DB VASOUEZ SUR L'AUMONE 2i9

kauvaises choses par leur nom. Mais il est question de ivoir si elles sont rares en effet, par les restrictions u'il y apporte ; et c'est ce que Tauteur des lettres a si lien montré, qu'il ne vous est resté sur cela que cette éponse générale, qui ne vous manque jamais, qui est i dissimulation et le silence.

Tout ce que vous ajoutez ensuite de la subtilité de esprit de Vasquez dans les divers sens qu'il donne aux aots de nécessaire et de superflu est une pure illusion, I ne les a jamais pris qu'en deux sens, aussi bien que DUS les autres théologiens. Il y a, selon lui, «né- ; cessaire à la nature, et nécessaire à la condition : superflu à la nature, superflu à la condition. y> Mais^ fin qu'une chose soit superflue à la condition, il veut u'elle le soit non seulement à l'égard de la condition irésenle, mais aussi à l'égard de celle que les riches •cuvent acquérir ou pour eux ou pour leurs parents, •ar des moyens légitimes. Ainsi, selon Vasquez, tout e que l'on garde pour relever sa condition est appelé implement nécessaire à la condition, et superfin seulement à la nature; et on n'est obligé d'en faire l'aumône ue dans les occasions que l'auteur des lettres a fait oirêtre si rares, qu'elles n'arrivent presque jamais. U n'est pas besoin de rien ajouter, touchant la comaraisou de Vasquez et de Gajetan, à ce que l'auteur es lettres en a dit. Je vous avertirai seulement, en Sissant, que vous imposes à ce cardinal, aussi bien que asquez, lorsque vous soutenez <c que, contre ce qu'il avoit dit dans le traité de l'aumône, il enseigne, en celui des indulgences, que l'obligation de donner le superflu ne passe point le péché véniel. » Lisez-le^ onsieur^ et ne vous fiez pas tant aux *jfeç>\v\\^^> \v\

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RÉPONSE A LA DOUZIÈHB LinRB

morts, ni vivants. Vous troaverez qne Gajeteir j «dmgne formellement le contraire ; et qu'après amnr dit qa'il n'y a que let» nécessités extrêmes, sous-lesqnelhi il comprend aussi la plupart de celles qve'Vasqoei 9pelle urgentes, qui obligent à péché mortel, il y jyoïto cette exception, « si ce n'est qu'on n'ait des biens iS* 9 perflus : sxglusa sunaiLinTATB Bonoaiiit.. n

Je passe donc avec vous à la doctrine de la smaaie. L'auteur des lettres n'a eu autre dessein que de ma' trer que la société tient cette maxime : Que ce iM pas une simonie en conscience de donner un biéni|ii* rituel pour un te^piporel^ pourvu que le temporel aU soit que le moâf même principal , et non pas le pA; et, pour le prouver, il a rapporté le passage deYsbilii tout au long dans la dounème^ qui le dit si dai^eiM que vous n'avez rien à 7 répondre) non plus que iv Ëscobar^ Érade Bille, et les autres, qui disent tous b môme chose. Il suffit que tous ces auteurs soient de cette opinion pour montrer que, selon toute la coiO' pagnie qui tient la doctrine de la probabilité, elle ert sûre en conscience, après tant d'auteurs graves <I»i l'ont soutenue, et tant de provinciaux graves qui Tooi approuvée. Confessez 4onc, qu'en laissant subsista) comme vous faites > le sentiment de tous ces autJ*es j^ suites,, et vous arrêtant ail seul Taunërus, vous ne fiite> rien contre le dessein de Tauteut des lettres que ^ attaquez, ni pour la justification ^e la société qo6 vo^ défendez. '• '

Mais, afin de vous donner une entière satisfitctii^sf

ce sujet, je vous soutiens que vous avez tort aussi bta*

sur ïannerus que sur Ves ^vilves. Premièrement, W*

ne pouvez nier qu'il ne di&e ^(ixv^ic^^tûKoXtt^sgï^x^^

point de simonie en conscience, in foro consctentiœ^ à donner un bien spirituel pour un temporel, lorsque le temporel n'en est que le motif môme principal, et non pas le prix. » Et quand il dit qu'il n'y a point de imonie en conscience, il entend qu'il n'y en a point, i de droit divin ni de droit positif. Car la simonie de roit positif est une simonie en conscience. Voilà la Bgle générale à laquelle Tannerus rapporte une excepon, qui est que a dans les cas exprimés par le droit, c'est une simonie de droit positif, ou une simonie présumée. » Or, comme une exception ne peut pas tre aussi étendue que la règle, il s'ensuit par nécessité ue cette maxime générale , que « ce n'est point simonie en conscience de donner un bien spirituel pour un temporel, qui n'en est que le motif, et non pas le prix, » subsiste en quelque espèce. des choses pirituelles; et qu'ainsi il y ait des choses spirituelles u'on peut donner sans simonie de droit positif pour es biens temporels, en changeant le mot de prix en elui de motif.

L'auteur des lettres a choisi l'espèce des bénéfices, h tquelle il réduit la doctrine de Valentia et de Tanneus. Mais il lui importe peu néanmoins que vous en abstituiez une autre, et que vous disiez que ce n'est as les bénéfices, mais les sacrements, ou les charges cclésiastiques, qu'on peut donner pour de l'argent. Il roit tout cela également impie, et il vous en laisse le boix. Il semble^ monsieur, que vous l'ayez voulu faire, tque vous ayez voulu donner à entendre que ce n'est as simonie de dire la messe, ayant pour motif princial d'en recevoir de l'argent. C'est la pensée qu'on çnt avoir en lisant ce que vous ra^po^Vei» ^^ \^

%%t RËP0N88 A LA DOUZIÈME LBTTIl

coutame de l'Église de Paris. Car si tous atiatioah

dire simplement que les fidèles peuvent oflrir deibifoi

temporels à ceux dont ils reçoivent les 8piritiidi,ei

que les prêtres qui serrent à i'autel pepvent mttè

l'autel t vous auriez dit une chose dont personne «

doute, mais qui ne touche point aussi notre qoertioi

Il s'agit de savoir si un prêtre qui n'anroit pour bboI

principal, en oflVant le sacrifice, que l'argent qnV t

reçoit ne seroit pas devant Dieu coupaUe de simonii

Vous l'en deves. exempter selon la doctrine delten

rus; mais le ponvez-vous selon les principes de la piH

chrétienne? « Si la simonie, dit Pierre Le Chantre, h

« des plus grands ornements de l'Élise de Paris, é

' u si honteuse et si damnable dans les choses joinli

« aux sacrements, combien l'est- elle plus dans la se

« stancc même des sacrements, et principalement dv

a l'Eucharistie, où on prend Jésus-Christ tout entifl

(( la source et rorigine de toutes les grâces ! Sînuml

« magicien, dit encore ce saint homme, ayant été rejet

« par Simon Pierre, lui eût pu dire : Tu me rebot»

« mais je triompherai de toi et du corps entier deffl

« glise; j'établirai le siège démon empire sur les a(

« tels; et lorsque les anges seront assemblés en un coi

« de Tautel pour adorer le corps de Jésus-Christ,]

« serai à l'autre coin pour faire que le ministre de Tu

« tel, ou plutôt le mien, le forme pour de Targenl.

Et cependant cette simonie, que ce pieux théologie

condamne si fortement, ne consiste que dans la eiipii^

qui fait que, dans l'administration des choses spiritne

les, on met sa fin principale dans l'utilité temporel

qui en revient, et c'est ce qui lui fait dire génér«l<

ment, c. xxv, « que \esm\tv\^\^tfe^m\vV&^^\Vv^^

les ouvrages de la droite, étant exercés parramour de l'argent, forment la simonie : Opm dexterœ opératum causa pecuniœ acquirendœ parit simoniam. » Ju'auroit-il donc dit, s'il avoit ouï parler de cette horible maxime des casuistes que vous défendez : a Qu'il « est permis à un prêtre de renoncef pour un peu d'ar- « gcnt à tout le fruit spirituel qu'il peut prétendre du « sacrifice? »

Vous voyez donc, monsieur, que, si c'est là tout ce îue vous avez à dire pour la défense de Tannerus, vous déferez que le rendre coupable d'une plus grande impiété. Mais vous ne prouverez pas encore par-là qu'il f ait, selon lui, simonie de droit positif à recevoir lie L'argent comme motif pour donner des bénéfices. Car remarquez, s'il vous plaît, qu'il ne dit pas simplement jue c'est une simonie de donner un bien spirituel pour iHi temporel comme motif, et non comme prix, mais ju'il y ajoute une alternative, en disant que c'est « ou X une simonie de droit positif, ou une simonie présuïmée.» Or une simonie présumée n'est pas une simonie levant Dieu ; elle ne mérite aucune "peine dans le tribunal de la conscience. Et ainsi dire, comme fait Tandems, que c'est une simonie de droit positif, ou une iimonie présumée, c'est dire en efTet que c'est une siuonie, ou que ce n'en est pas une. Voilà à quoi se vé- Hi l'exception de Tannerus, que l'auteur des lettres l'a pas dû rapporter dans sa. sixième lettre; parceque, w citant aucunes paroles de ce jésuite, il y dit simplenent qu'il est de l'avis de Valentia; mais il la rapporte, il il y répond expressément dans sa douzième, quoique ous l'accusiez faussement de l'avoir dissimulée. C'a été pour éviter l'embarras de touVes» e^'s» ^v§>C\wç-

224 RÉPONSE A LA DOUZIÈME IfSTTRB

lions que Taûteur des lettres avoit demandé au jéndtes « si c'étoit simonie en conscience» selon leurs anteos, « de donner un bénéfice de quatre mille livres de rente « en recevant dix mille francs comme motif» et dqi « comme prix. » Il les a pressés sur cela de loi donner réponse précise sans parlecjde droit positif» c'està-din sans se servir de ces termes que le monde n'eitod pas, et non pas sans y avoir égard, comme vous l'iiei pris contre toutes les lois de la jpmnmairei Tous y im donc voulu satisfaire» et vous répondei» en ua mol^ ce qu*en ôtant le droit positif « il n'y «uroit point de ô- « monie» comme il n'y anroit point de péché à n!eft- (c tendre point la messe un jour de fftte» si l'élise ne a Tavoit point commande; ■* c'est4rdire que ce a'et une simonie que parceque l'Église.ra voulu» et queaif ses lois.positives ce seroit une action indifférente. Sar quoi j'ai à vous repartir :

Premièrement , que vous répondez fort mal à to question qu'on a faite. L'auteur des lettres demandait s'il y avoit simonie, selon les auteurs jésuites qu'il exKii^ cités, et vous noui? dites de vous-même qu'il n'y a tp® simonie de droit positif. Il n'est pas question de savoir votre opinion, elle n'a pas d'autorité. Prétendez-vous être un docteur grave? Cela seroit fort disputable* B s'agit de Valentia, Tanncrus, Sanchez, Ëscobar, Éndc Bille, qui sont indubitablement graves. C'est selon leur sentiment qu'il faut répondre. L'auteur des lettres pi^ tend que vous ne sauriez dire, selon t6us ces jésuites, qu'il y ait en cela simonie en conscience. Pour Valentia, Sanchez, Escobar et les autres, vous le qaittet Vous le disputez un peu sur Tannerus; mais vous av» v(i que c'étoit sans îondemewV \ ^^ ^w\fc o^'a^rès tout

demeure constant que la société enseigne qu'on peut, ns simonie, en conscience, donner un bien spirituel )urun temporel, pourvu que le temporel n'en soit le le motif principal, et non pas le prix. C'est tout ce l'on demandoit.

Et en second lieu , je vous soutiens que votre ré- 3nse contient une impiété horrible. Quoi , monsieur! )us osez dire que, sans les lois de l'Église, il n'y aunt point de simonie de donner de l'argent, avec ce étour d'intention, pour entrer dans les charges de Église : qu'avant les canons qu'elle a fait de la simoie, l'argent étoit un moyen permis pour y parvenir, ourvu qu'on ne le donnât pas comme prix, et qu'ainsi lint Pierre fut téméraire de condamner si fortement imon le magicien, puisqu'il ne paroissoit point qu'il » offrît de l'argent plutôt comme prix que comme lotif!

A quelle école nous renvoyez-vous pour y apprendre ette doctrine? Ce n'est pas à celle de Jésus-Christ, qui toujours ordonné à ses disciples de donner gratuitement ce qp'ils avoient reçu gratuitement , et qui exclut arce mot, comme remarque Pierre le Chantre, m ^h, abb, c. XXXVI, « toute attente de présents ou services, soit avec pacte, soit sans pacte; parce que Dieu voit dans le cœur. » Ce n'est pas à l'école de Eglise, qui traite >non-seulement de criminels , mais 'hérétiques, tous ceux qui emploient de l'argent pour blenir les ministères ecclésiastiques, et qui appelle ce 'afic, àe quelque artifice qu'on le pallie , non un violèrent d'une de ses lois positives , mais une hérésie, siùniacam hœresim.

Cette école donc en laquelle on apprewà. XwAfô^ ^^'^

maximes, ou que ce n*est qu'une simonie de droit positif, ou que ce n'en est qu'une présumée, ou qu'il n'y a même aucun péché à donner de l'argent pour un bénéfice comme motifs et non comme prix, ne peut être que celle de Giézi et de Simon le magicien. C'est dans cette école où ces deux premiers tratiqueurs des choses saintes, qui sont exécrables par-tout ailleurs» doivent être tenus pour innocents; et, où, laissante la cupidité ce qu'elle désire, et ce qui la fait agir, on lui enseigne à éluder la loi de Dieu par le changement d'un terme qui ne change point les choses. Mais que les disciples de cette école écoutent de quelle sorte le grand pape Innocent III, dans sa lettre à l'archevêque de Cantorbéry, de l'an 1199, a foudroyé toutes les damnables subtibilités de ceux « qui , étant aveuglés « par le désir du gain , prétendent pallier la simonie (( sous un nom honnête : simoniam sitb honesto nomine « palliant. Comme si ce changement de nom pouvoit « faire changer et la nature du crime et la peine qui c( lui est due. Mais on ne se moque pas de Dieu (ajoute- « ce pape); et quand ces sectatçurs de Sigion pour^ — « roient éviter en celle vie la punition qu'ils méritent ^ (( ils n'éviteront point en l'autre le supplice éterne ^ (( que Dieu leur réserve. Car l'honnêteté du nom n'es» ^ (( pas capable de pallier la malice de ce péché , ni 1^^ « déguisement d'une parole empêcher qu'on n'en sol "* (( coupable : Clm nec honestas nominis criminis malitiar^^^ (( palliabit, nec vox poterit abolere reatum. »

Le dernier point, monsieur, est sur le sujet des ba»-^ queroutes. Sur quoi j'admire votre hardiesse. Les je'' suites, que vous déîeudez, avoieut rejeté la question d'Escobar sur Lessius Vrfe^ t[v^WvcQ^<^"^\ ^\\«5^'fi^^

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