‹ Lettres écrites a un provincial (volume 3)Chapitre 61 sur 89 · DES BANQUEROUTIERS · texte numérisé non relu

DES BANQUEROUTIERS

5 lettres n'avoit cité Lessius que sur la foi d'Escor, et n'avoit attribué qu*à Escobar seul ce dernier int dont ils se plaignent , savoir que les banqueroups peuvent retenir de leurs biens pour vivre honnêteînt , quoique ces biens eussent Jté gagnés par des injus- *s et des crimes connus de tout le monde. C'est aussi ' le sujet du seul Escobar qu'il les a pressés, ou de savouer publiquement cette maxime, ou de déclarer 'ils la soutiennent; et en ce cas, il les renvoie au paraent C'étoit à cela qu'il falloit répondre, et non pas >e simplement que Lessius, dont il ne s'agit pas, !st pas de l'avis d'Escobar, duquel seul il s'agit, nsez-vous donc qu'il n'y ait qu'à détourner les quesins pour les résoudre? Ne le prétendez pas, monîur. Vous répondrez sur Escobar avant qujon parle Lessius. Ce n'est pas que je refuse de le faire. Et je us promets de vous expliquer bien nettement la docnede Lessius sur la banqueroute, dont je m'assure e le parlement ne sera pas moins choqué que la Sor- Qne. Je vous tiendrai parole avec l'aide de Dieu, lis ce sera après que vous aurez répondu au point itesté touchant Escobar. Vous satisferez à cela préément, avant que d'entreprendre de nouvelles quesns. Escobar est le premier en date; il passera deit, malgré vos fuites. Assurez-vous qu'après cela ssius le suivra de près.

uoiqne d*nne antre main, et d'un mérite bien inférieur aux Lettres Proiiales, cette pièce m*a semblé trop intéressante XK)iir ne pas la réimprimer s cette édition.

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Que la doctrine de LeHiiu sur Huunfaside est la mftoitfBeedlidi Victoria. CkmibieiL il est tuile de'paifler de la ipéeiïlatoàlft pratique. Pourquoi les Jéenites n sont serrls de eette vite didpMon^ et comliiea elle est inutile ponr les Jnstifler.

DaaonptsBBbniCH.

Mes bëyêrends fjebes,

Je viens de voir votre dernier écrit, où vous continua vos impostures jusqu'à la vingtième, en. déclarant (p^ vous finissez par-là cette sorte d'accusation, qai faisirit votre première partie, pour en venir à la seconde, ^ vous devez prendre une nouvelle manière de vous défendre,, en montrant qu'il y a bien d'autres casuistes que les vôtres qui sont dans le relâchement, aussi bien que vous. Je vois donc maintenant, mes pères, à coiûbien d'impostures j'ai à répondre : et puisque la qn»trième où nous en sommes demeurés est sur le sujet de l'homicide, il sera à propos, en y répondant, de satisfaire en même temps aux 11, 13, 14, 15, 16, 17 et IB*, qui sont sur le môme sujet

Je justifierai donc, dans cette lettre, la vérité de mes

citations contre les faussetés que vous m'imposes M^^

parceque vous avez osé aN^v\ce;T à^w^No^^m\&v'»^^

S sentiments de vos auteurs sur le meurtre sont informes aux décisions des papes et des lois eccléastiqi^es, » vous m'obligerez à détruire , dans ma re suivante, une proposition si téméraire et si injuise à l'Église. Il importe de faire voir qu'elle est mpte de vos corruptions, afin que leshéréliques ne ssent pas se prévaloir de vos égarements pour en r des conséquences qui la déshonorent. Et ainsi, en ant d'une part vos pernicieuses maximes, et de tre les canons de l'Église qui les ont toujours conmées, on trouvera tout ensemble, et ce qu'on^oit er, et ce qu'on doit suivre.

'otre quatrième imposture est sur une maxime tountle meurtre, que, vous prétendez que j'ai fausseit attribuée à Lessius. C'est celle-ci : « Celui qui a îqu un soufflet peut poursuivre à l'heure même son inemi, et même à coups d'épéé, non pas pour se înger, mais pour réparer son honneur. » Sui^ quoi s dites que cette bpinion-là est du casuiste Victoria. le n'est pas encore là le sujet de la dispute, car il a point de répugnance à dire qu'elle soit tout enàble de Victoria et de Lessius, puisque Lessius. dit même qu'elle est aussi de Navarre et de votre père iriquez, qui enseignent « que celui qui a reçu un )ufflet peut à l'heure même poursuivre son homme, L lui donner autant de coups qif il jugera nécessaire our réparer son honneur. » Il est donc seulement îstion de savoir si Lessius est du sentimenlr de ces eurs, aussi bien que son confrère. Et c'est pourquoi s ajoutez : « Que Lessius ne rapporte cette opinion ue pour la réfuter; et qu'ainsi je lui attribue un senment qu'il n'allègue que pour le com\ia.l\xe,.j a^\ ^^V

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« l'action du monde la plus lâche et la plos beoteau i « un écriyain. > Or je soutiens, mes ptees, qu'il ne h rapporte que pour la suivre. C'est une question de bit qu'il sera bien facile de décider. Voyons donc oonuneDt vous prouvez ce que yoas dites, et voua verrez enimfo comment je prouve ce que je dis.

Pour montrer que Lessius n'est pas de ce sentimeat, vous dites qu'il en condamne^ la pratique : et pour piOBver cela, vous rapportez un de ces passages» liv. n, c n, n. 89» où il dit ces mots : « J'en condamne la pratique.* Je aemeare d'accord que si on cherche ces paroles dini Lessius, au nombre 83, où vous les citez, on lesy tnsvera. Mais que dira-t-on, mes pères, quand on vent en môme temps qu'il traite en cet endroit d*unè qoen tion toute différente de celle dont nous parlons, et (pfB^ Topinion, dont il dit en ce lieu-là qu'il en condanmel» pratique, n'est en aucune sorte celle dont il s'agit \d 9 maisHine autre toute séparée? Cependant il ne faot^» pour en être éclairci, qu'ouvrir le livre môme où von'^ renvoyez ; car on y trouvera toute la suite de son dias-— cours en cette manière.

Il traite la question, savoir si on peut tuer pouru«i « soufflet, T> au nombre 79, et il la finit au nombre 80^ 9 sans qu'il y ait en tout cela un seul mot de condamnation. Cette question étant terminée, il en commen<^® une nouvelle en l'art. 81, « savoir si on peut tuer po^r « de» médisances. » Et c'est sur celle-là qu'il dit, au n. 82, Gies paroles que vous avez citées : « J'en condamna « la pratique. »

N'est-ce donc pas une chose honteuse, m^ pères,

que vous osiez produire ces paroles, pour faire croire

que Lessius condamne VoçVmotL o^'oii'^^^Nnfli^VWf

n soufflet, et que, n'en ayant rapporté en tout que cette eule preuve, vous triomphiez là -dessus, en disant, onime vous faites : « Plusieurs personnes d'honneur

dans Paris ont déjà reconnu cette insigne fausseté par ( la lecture de Lessius, et ont appris par-là quelle < créance on doit avoir à ce calgninialeur? » Quoi ! mes [>ères, est-ce ainsi que vous abusez de la créance que ces personnes d'honneur ont en vous? Pour leur faire entendre que Lessius n'est pas d'un sentiment, vous leur ouvrez son livre en un endroit où il en condamne un autre ; et comme ces personnes n'entrent pas en défiance de votre bonne foi, et ne pensent pas à examiner s'il s'agit en ce lieu-là de la question contestée, vous trompez ainsi leur crédulité. Je m'assure, mes pères, lue, pour vous garantir d'un si honteux mensonge, vous vezeu recours à votre doctrine des équivoques, et que, sanl ce passage tout haut, vous disiez tout bas qu'il s'y sissoit d'une autre matière. Mais je ne sais si cette rai- >ri, qui suffit bien pour satisfaire votre conscience, suf- ■*a pour satisfaire la plus juste plainte que vous feront ^s gens d'honneur quand ils veiTont que vous les avez ^tiés de cette sorte.

ïmpêchez-les donc bien, mes pères, devoir mes let- ^es, puisque c'est le seul moyen qui vous reste pour Onserver encore quelque temps votre crédit. Je n'en ^Se pas ainsi des vôtres ; j'en envoie à tous mes amis; ^ souhaite que tout le monde les voie; et je crois que ious avons tous raison. Car enfin, après avoir publié *ette quatrième imposture avec tant d'éclat, vous voilà lécriés, si on vient à savoir que vous y avez supposé un Passage pour un autre. On jugera facilement que si vous iussiez trouvé ce que vous deiûandiez îv\x\\evxxû.to\fc^

Lessius traite cette matière, vous ne l'eussiez pas été chercher ailleurs; et que vous n'y avez eu recours que parceque vous n'y voyiez rien qui fût favorable à votre dessein. Vous vouliez faire trouver dans Lessius ce que vous dites dans votre Imrposture, p. 10, 1. 12, a Qu'il « n'accorde pas que cette opinion soit probable dans la (( spéculation ; » et Lessius dit expressément en sa conclusion, n. 80: « Cette opinion, qu'on peut tuer pour (( un soufflet reçu, est probable dans la spéculation. » N'est-ce pas là mot à mot le. contraire de vôtre discours? Et qui peut assez admirer avec quelle hardiesse vous produisez en propres termes le contraire d'une vérité de fait? de sorte qu'au lieu que vous concluiez, de votre passage supposé, que Lessius n'étoit pas de ce sentiment, il se conclut fort bien, de son véritable passage, qu'il est de ce même sentiment. •

Vous vouliez encore faire dire à Lessius « qu'p en « condamne la pratique, w Et comme je l'ai déjà dit, il ne se trouve pas une seule parole de condamnation en ce lieu-là; mais il parle ainsi : «Il semble qu'on n'en (( cloil pas FACILEMENT permettre la pratique : m praxi « non vidotur facile permittenda. » Est-ce là, mes pères, le langage d'un homme qui condamne une maxime? Diriez-vous qu'il ne faut pas permettre facilement^ dans la pratique, les adultères ou les incestes? Ne doit-on pas conclure au contraire que, puisque Lessius ne dit autre chose, sinon que la pratique n'en doit pas être facilement permise , son sentiment est que cette pratique peut être quelquefois permise, quoique rarement? Et comme s'il eût voulu apprendre à tout le monde quand on la doit permettre, et ôter aux personnes offensées les scrupules qui les pouTTo\eTv\.V^o\iXi\c^ \»s^-V\\ft\!^^^

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