HISTOIRE DES PROVINCIALES IX
ches qu*on faisoit chez les imprimeurs. Cette lettre est donc plus longue qu*il ne aoulmitoit : cependant elle ne Test pas trop pour les lecteurs. A Tégard des deux dernières^ si elles ne sont pas aussi concises que les autres^ ce ne fut pas manque de temps; mais il ne put expliquer en moins de paroles la matière qu'il y traite. Elles sont au reste très-polies et fort travaillées, surtout la dix-huitième. De ces huit dernières lettres, les six premières sont adressées aux révérends pères jésuites^ et les deux dernières au père Annat, de la même Société, qui fut un de ceux qui s'élevèrent contre les Provinciales.
Les douze premières lettres furent présentées à la reine de Suède *, qui se trou voit alors à Paris, et elle les reçut avec joie. Cette princesse avouoit franchement aux jésuites qu'elle avoit peu d'estime pour leur Société; qu'elle ne pouvoit approuver qu'ils se mêlassent de tant de choses, et qu'ils eussent de si étranges maximes.
Entre la douzième et la treizième des lettres de Montalte ^, on a depuis inséré dans quelques éditions une lettre qui parut sous le titre de Réfutation de la réponse à la douzième Lettre. Elle fut donnée au public par un auteur inconnu, qui examine en détail quelques chicanes de jésuites, auxquelles Montalte n'auroit pu s'arrêter sans faire tort au public, qui atlendoit de lui tout autre chose. Elle est fort éloignée de la beauté des autres.
Les lettres de Montalte coiitinuoient d'être reçues du public avec le plus vif empressement. Le débit étoit tel ' qu'un ami de M. Perrier, lui envoyant la dix-septième, le prioit de ne pas se presser de la montrer, « parceque, disoit-il, il n*y en avoit que ex dix mille de tirées, et qu'il en faut encore beaucoup. »
Si Pascal prit tant de peine pour la dix-huitième lettre, c'est qu'il ne vouloit pas donner prise sur lui dans une matière aussi délicate que cette théologie scolastique qui fait l'objet de cette dernière lettre, comme des trois premières : ce qui n'a pas em-
i. Lettres 45 et 47 de M. Amanld.