FANTOME D'UNE NOUVELLE HÉRÉSIE
e vos généraux Aquaviva, Wiltelleschi, etc. C'est donc irec raison qu'on vous reproche les égarements de vos )nfrères, qui se trouvent dans leurs ouvrages approu* îs par vos supérieurs et par les théologiens de votre )mpâgnie. Mais quant à moi, mon père, il en faut iger autrement. Je n'ai pas souscrit le livre de la ainte- Virginité. On ouvriroit tous les troncs de Paris Ds que j'en fusse moins catholique. Et enfin je vous ^clare hautement et nettement que' personne ne rémd de mes lettres que moi, et que je ne réponds de BD que de mes lettres.
Je pourrois en demeurer là ,> mon père , sans parler 3 ces autres personnes! que vous traitez d'hérétiques 3ur me comprendre dans cette accusation. Mais, )mme j'en suis l'occasion, je me trouve engagé en lelque sorte à me servir de cette même occasion pour i tirer trois avantages : car c'en est un bien considéble de faire paroître l'innocence de tant de personnes ilomniées; c'en est un autre, et bien propre à mon ijet, de montrer toujours les artifices de votre polijue dans cette accusation. Mais celui que j'estime le us est que j'apprendrai par-là à tout le monde la usseté de ce bruit scandaleux que vous semez de tous ^tés, « que l'Église est divisée par une nouvelle hérésie. » Et comme vous abusez d'une infinité de pernnes en leur faisant accroire que les points sur leslels vous essayez d'exciter un si grand orage sont sentiels à la foi, je trouve d'une extrême importance 5 détruire ces fausses impressions, et d'expliquer ici îttement en quoi ils consistent, pour montrer qu'en fet il n'y a point d'hérétiques dans l'Église. Car n 'est-il pas vrai que, si Ton demaw^e ^vv q^^à
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l'onsislp l'hér^sip <le ceux que vous appeler jaDsénisles, on répondra incontment que c'est en ce que ces gens-là disent « que les commandements de Dieu sont imposa Bibles; qu'on ne peut résister à la grâce, et qu'on n'a II pas la liberté de faire le bien et le mal ; que Jésu^ a Christ n'csl pas mort pour tous les hommes, mais B seulement pour les prédestinés; et enlin, qu'ils « tiennent les cinq propositions condamnées par le « pape? u Ne failes-vous pas entendre que t'est pour ce sujet que vous persécutez vos adversaires? N'est-ce pas ce que vous dites dans vos livres, dans vos entreliens, dans vos catéchismes, comme vous fîtes encore les féte^ de NoGl à Sainl-Louis, eu demandant aune de vos peliles bergères: «Pour qui est venu Jésus-Christ, ma fille? — " Pour tous lès hommes, mon père. — Eh quoi! ms H fille, vous u'ôtes donc pas de ces nouveaux hérétiques Il qui disent qu'il n'est venu qne pour les prédestinés. • Les enfants vous croient là-dessus, et plusieurs autres aussi; car vous les entretenez de ces mêmes fables dans vos sermons, comme votre père Crassel à Orlé.ins, qui en a été interdit. El je vous avoue que je vous ai cru aussi autrefois. Vous m'aviez donné cette même idée de toutes ces personnes-là. De sorte que, lorsque vous les pressiez sur ces propositions, j'observois avec attention quelle seroit leur réponse ; et j'étois fort disposé à ne les voir jamais, s'ils n'eussent déclaré qu'ils y renonçoient comme à des impiétés visibles. Mais il) le firent bien hautement. Car M. de Sainte-Beuve ',
I. H. Jacflis^dfl Sainte-Beuve, VilD des plue habiles Ibénlogieus de soDiïèek, si professeur da SocboUDe lu temps de U censure de M. ArnanlJ, aima taiiii gaitlet sa cliaire gne ie cflndaionBr isntie \(S lèsles un docteur sou cobHk, doal il doclnne étoit tiËs «tlboiou. 1^ «AwA «a wn.
VÂNTOHE D'UNB NOUVELLE HÉRÉSIE 323
irofesseur du roi en Sorbonne, censura dans ses écrits lublics ces cinq propositions long-temps avant le pape; t ces docteurs firent paroître plusieurs écrits, et entre utres celui de la' grâce victorieuse^ qu'ils produisirent n même temps^ où ils rejettent ces propositions et omme hérétiques et comme étrangères. Car ils disent, ans la préface, « que ce sont des propositions hérétiques et luthériennes, fabriquées et forgées à plaisir, qui ne se trouvent ni dans Jansénius ni dans ses défenseurs ; )) ce sont leurs termes. Ils se plaignent de e qu'on les leur attribue, et vous adressent pour cela es paroles de saint Prosper, le premier disciple de saint kUgustin, leur maître^ à qui les semi-pélagiens de rance en imputèrent de pareilles pour le rendre odieux. Il y a, dit ce saint, des personnes qui ont une passion si aveugle de nous décrier, qu'ils eu ont pris un moyen qui ruine leur propre réputation. Car ils ont fabriqué à dessein de certaines propositions pleines d'impiétés et de blasphèmes, qu'ils envoient de tous côtés pour faire croire que nous les soutenons au même sens qu'ils ont exprimé par leur écrit. Mais on verra, par cette réponse, et notre innocence et la malice de ceux qui nous ont imputé ces impiétés, dont ils sont les uniques inventeurs. »
En vérité, mon père, lorsque je les ouïs parler de la orte avant la constitution; quand je vis qu'ils la reçuent ensuite avec tout ce qui se peut de respect ; qu'ils ffrirent de la souscrire, et que M, Arnauld eut déclaré out cela, plus fortement que je ne le puis rapporter, lans toute sa seconde lettre, j'eusse cru pécher de douer de leur foi. Et en effet, ceux qui avoient voulu reuser y absolution à leurs amis ava-tiV \^ \^V\x^ ^<è.
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IL^inuiuld ont déclaré depuis que, qnès qall twnmot si nettement condamné ces eireoite qa'on lui impatott, il n'y a¥(»t aucune raison de le retrancher, ni loi ni mi amis, de l'Église, Mais ¥oas n'en avei pas usé de mima; et c'est sur quoi je commençai à me défier que yo6d agissiez avec passion.
' Car, in lieu que tous les aviez menacés de leur fiiire signer cette cofastitntion quand vous pensiez quils résistei;pient, lorsque vous vîtes qu'ils s'y portoient d'eux-mêmes, voub n'en parlâtes plus. Et, quoiqu'il semblât qoe vous dussiez après cela être satisfaits de leur conduite, vous ne laissâtes pas de les traiter encore d'hérétiques; « parce jVphiez-vous, que leur cœur démentoit leur « main, et qu'ils étoient catholiques extérieurement, et « hérétiques intérieurement, » comme vous-même l'aies dit dans votre Rép. à quelques demandes, p. 27 et 47. Que ce procédé me parut étrange, mon père! Carde qui n'en peut-on pas dire autant I Et quel trouble n'exciteroit-on point par ce prétexte I « Si l'on refuse, dit « saint Grégoire, pape, de croire la confession de foi de <c ceux qui la donnent conforme aux sentiments de TÉ- <K glise, on remet en doute la foi de toutes les personnes « catholiques. » Regist, 1, V, ep. xv. Je craignis donc, mon père, a que votre dessein ne fût de rendre ces (( personnes hérétiques sans qu'ils le fussent, )t comme parle le môme pape sur une dispute pareille de son temp^; « parce, dit-il, que ce n'est pas s'opposer aux « hérésies, mais c'est faire une hérésie que de refuser a de croire ceux qui par leur confession témoignent « d'être dans la véritable foi : Hoc non est hœresim pur- « gare, sed facere. » Ep. xvi. Mais je connus en vérité qu'il n'y ii\oiii^{Àïx\>tVi ^^^\^\:ik\ftKvs^^%