DISPUTB SUR LE SENS DE JANSÉNIUS
quand je vis qu'ils s'étoient si bien justifiés de toutes ces hérésies, que vous ne pûtes pius les accuser d'au- [î-cune erreur contre la foi, et que vous fûtes réduit à les l entreprendre seulement sur des questions dé* fait touébant Jansénius, qui ne pouvoient être matière d'bérésie. Car vous les voulûtes obliger à reconnoître « que « ces propositions étoient dans Jansénius, mot à mot, ce toutes, et en propres termes, » comme vous récrivîtes encore vous-mêmes : Singulares indtviduœ, totidem verbis apud Jansenium contentœ^ dans vos Cavilliy p. 39.
Dès-lors votre dispute commença à me devenir indifférente. Quand je croyois que vous disputiez de la vérité ou de la fausseté des propositions, je vous écoutois avec attention; car cela toucboit la foi : mais, quand je vis que vous ne disputiez plus que pour savoir si elles étoient mo/dmo/ dans Jansénius ou non, comme la religion n'y étoit plus intéressée, je ne m'y intéressois plus aussi. Ce n'est pas qu'il n'y eût bien de l'apparence que vous disiez vrai : car de dire que des paroles sont mot à mot dans un auteur, c'est à quoi Ton ne peut se méprendre. Aussi je ne m'étonne pas que tant de personnes, et en France et à Rome, aient cru, sur une expression si peu suspecte, que Jansénius les avoit enseignées en effet. Et c'est pourquoi je ne fus pas peu surpris d'apprendre que ce même point de fait que vous aviez proposé comme si certain et si important étoit faux, et qu'on vous défia de citer les pages de Jansénius où vous aviez trouvé ces propositions mot à mot, sans que vous l'ayez jamais pu faire.
Je rapporte toute cette suite parcequ'il me semble que eeJâ découvre assez l'esprit de \oVte 'JiOCAfeVfc ^w
toute telle aOaire, cl qu'on ndmirei-a de voir que, malgré tout ce que je viens de dire, voua n'jijez pas cpssé de publier qu'ils étoient toujours hérétiques. Maisvoin svez seulement chan);é leur hérésie selon le lempiJ Car, à mesure qu'ils se justitioient de l'une, «os pérel en subslituoient une autre, afin qu'ils n'en fussent JM mais exempts. Ainsi, en 1653, leur hérésie étoit sui: k qualité des propositions. Ensuite elle fut sur le mol i mot. Depuis vous la mites dans le cœur. Mais aujoll^ d'hui ou ne parle plus de tout cela; et l'on veut qu'il! soient hérétiques, s'ils ne signent u que le sens de 11 « doctrine de Jansénius se trouve dans le sens de c« o cinq propositions, n
Voilà le sujet de votre dispute présente. Il ne vovl Euflil pas qu'ils condamnent tes cinq propositions, et eocore tout ea qo'îl y anroït dans JaiuéniBa qai povroit j élre conforme et contraire à saint -Augustin; or ils font tout cela. De sorte qu'il n'est pas question de savoir, par exemple, e. si Jésus-Christ n'est mort qae II pour les prédestinés; » Us condamnent cela an» bien que vous : mais si Jansénius est de ce sentimeol-là ou non. Et c'est sur quoi je vous déclare plus que jamais que votre dispute me touche peu, comme elle touche peu l'Eglise. Car, encore que je ne sois pas docteur non plus que vous, mon père, je vois bien néanmoins qu'il n'y va point de la foi, puisqu'il n'est question que de savoir quel est le sens de Jansénius. S'il*, croyoient que sa doctrine fût conforme au sens propre et littéi^l de ces propositions, ils la condamneivient; et ils ue refusent de le faire qflb parcequ'ils sont pe^ suadés qu'elle en est bien différente ; ainsi, quand ils /'t-'nteiidroient mal, iVs ftft ^\ci\ft\i>. ■^■4 Uicétiques,