‹ Lettres écrites a un provincial (volume 3)Chapitre 78 sur 89 · JÉSUITES CONTRAIRES AUX COHCILES · texte numérisé non relu

JÉSUITES CONTRAIRES AUX COHCILES

cessité absolue, pour être catholique, de confesser qu'Origène a tenu en effet ces erreurs, et qu'il ne suffise pas de les condamner sans les lui attribuer? Si cela étoit, que deviendroit voire père Halloix, qui a,? soutenu la pureté de la foi d'Origène, aussi bien que plusieurs autres catholiques qui ont entrepris la même chose, comme Pic de la Mirande, et Genebrard, docteur de Sorbonne?Ët n*est-il pas certain encore que ce même cinquième concile général condamna les écrits de Théodore! contre saint Cyrille, « comme impies, « contraires à la vraie foi, et contenant Thérésie nestoa rienne? » Et cependant le père Sirmonc^, jésuite, n'a pas laissé de le défendre, et de dire, dans la vie de ce père, Cl que ces mêmes écrits sont exempts de cette hé- « résie nestorienne. •

Vous voyez donc, mon père, que, quand TÉglise condamne des écrits, elle y suppose une erreur qu'elle y condamqe; et alors il est de foi que cette erreur est condamnée, mais qu'il n'est pas de foi que ces écrits contiennent en effet l'erreur que l'Église y suppose. Je crois que cela est assez prouvé ; et ainsi je finirai ces exemples par celui du pape Honorius, dont l'histoire est si connue. On sait qu'au commencement du septième siècle, l'Église étant troublée par l'hérésie des monothélites, ce pape, pour terminer ce différent, fît un décret qui sembloit favoriser ces hérétiques, de sorte que plusieurs en furent scandalisés. Cela se passa néanmoins avec peu de bruit sous son pontificat : mais cinquante ans après, l'Église étant assemblée dans le sixième concile général, où le pape Agalhon prcsidoit par ses légats, ce décret y fut déféré; et après avoir été lu eï examiné^ il fut condamné comm^ eowV^^^^V^'^^-

W r6sie des monothélites, et brûlé en cette qnaliléen L pleine assemblée, avec les aulres écrits de ces hcréti- ^^^iie.^. El cette décision fut reçue avec tant de respect ^Bct d'uniforciitEé dans toute l'Église, qu'elle fut conBt'- ^ mffc ensuite par deux autres conciles généraux, el mf me par les papes Léon 11, et Adrien II qui vivoil deux cents ans après, sans que personne ait troublé ce coiisenlement si universel et si paisible durant sept ou huit siècles. Cependant quelques auteurs de ces derniers temps, et entre autres le cardinal Bellarmin, n'ont pas cru se rendre hérétiques pour avoir soutenu, contre tant d,e papes el de conciles, que les écrits d'Honorius sont exempts de l'erreur qu'ils avoient déclaré y ôtre ; o Parce, dit-il, que des conciles généraux poii- « vanl errer dans les questions de fait, on peut dire en toute assurance que le sixième concile s'est trompé fl en ce fait-là, et que, n'ayant pas bien entendu le sens «des lettres d'Houoriua, il a mis h tort ce pape au Il nombre des hérétiques, v De sum. Pont. , lîb. IV, c. xi. Remarquez donc bien, mon père, que ce n'est pas filre hérétique de dire que le pape Honorius ne l'étoil pas, encore que plusieurs papes et plusieurs conciles l'eussent déclaré, e'i même après l'avoir examiné. Je viens donc maintenantà notre question, et je tous pe^ mets de faire votre cause aussi bonne que vous le pourrez. Que direz-vous, mon père, pour rendre vos adversaires hérétiques T « Que le pape Innocent X a déclaré '( que l'erreur des cinq propositions est dans Jansé- « nius? » Je vous laisse dire tout cela. Qu'en concluezvous : II Que c'est être hérétique de ne pas reconnotlre « que l'erreur des cinq propositions est dans Jansén mus ? » Que vous en siim\i\e-V-\V, toq^ -^ï^I S,'cst-ce

niX-SBPTIÈMB LKTTHE

Page 1